Drood, de Dan Simmons.

décembre 8, 2011

Dan Simmons écrit toujours aussi bien. On sent qu’il maitrise parfaitement ce qu’il fait. Comme il s’agit ici d’une histoire se déroulant dans l’Angleterre de la fin du dix-neuvième siècle, et narrée par un auteur de l’époque, son style s’y adapte. Avec talent donc, même si on peut ne pas être non plus complètement séduit par ce type d’écriture. Dans mon cas, en termes d’écriture, non seulement ça fonctionne, mais je suis également assez impressionné. Au-delà de cet aspect de forme, cependant, je ne suis pas complètement emballé par le scénario lui-même. Le narrateur est Wilkie Collins, auteur célèbre à l’époque et proche de Dickens, opiomane, menant une vie dissolue (pour l’époque, hein), jaloux (de Dickens surtout) et complexe. C’est par son récit qu’on va suivre Dickens pendant ses dernières années, et un personnage fantastique, incarnation du mal (ou pas) qui fascine et terrifie le narrateur, entre autre. Maintenant, il ne s’agit pas réellement d’une histoire fantastique : le propos concerne plutôt l’obsession des deux auteurs pour ce personnage, leurs relations, et une peinture de leurs parcours et de la société anglaise de l’époque. Tout cela est mené avec talent, et l’ambiance est prenante et riche de détails et de moments tour à tour poignants et amusants. Mais, si la fin est astucieuse et bien amenée, elle m’a quand même laissé une impression mitigée. Ce qui est une partie du propos finalement, et qui est tout à fait justifié, mais après un volume aussi important, quand même, je reste un peu sur ma faim. Maintenant, si vous vous intéressez à Dickens en particulier et à son époque en général, vous trouvez dans ce livre très largement de quoi vous satisfaire. Si par contre, ce genre de thématiques ne vous accroche a priori pas plus que ça, vous resterez probablement un peu sur votre faim, voire vous vous sentirez un peu floués. Donc au final, c’est un très beau livre, bien écrit, bien construit, mais qu’il ne faut pas prendre pour un roman fantastique ou un roman à suspens, mais bien comme un roman historique concernant Dickens et ses dernières années.

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