Fourteen byzantine emperors, de Michel Psellos.

juin 10, 2014

100614_Psellos

Grand homme, Michel Psellos l’est certainement, et il en est, lui, très intimement persuadé. Il prends le temps de l’expliquer et de l’argumenter. Sous couvert de dénégations quant à sa propre importance, bien souvent, ce qui n’en est que plus amusant. Car, oui, ce traité historique du onzième siècle est amusant, vraiment. Rédigé donc par Michel Psellos, érudit, philosophe, courtisan et haut dignitaire de l’Empire byzantin, il retrace la vie de quatorze empereurs, qu’il a connu de son vivant (oui, c’est une époque où les empereurs meurent beaucoup plus vite que les philosophes, ou que les courtisans prudents et pourvus d’une éloquence salvatrice d’ailleurs). Il est sans doute bon, pour aborder ce tome historique sans trop se perdre, d’avoir quelques notions de la période et l’Empire, car Psellos ne cherche pas à faire de la vulgarisation, mais bien à décrire les empereurs de près, dans leur fonctionnement, leurs heurs et leurs malheurs ainsi que dans leurs caractères. C’est d’ailleurs ce qui fait tout l’intérêt mais aussi tout le seul de ce texte : ce n’est pas de l’histoire standardisée et lissée (même si de nombreux biais et silences existent, mais ils sont bien souvent soulignés par l’auteur lui-même) mais bien un récit de l’intérieur, de près, avec des détails amusants et très personnels, et un style et des attentions inhabituels mais pas du tout dépourvus d’intérêt. Les descriptions du physique des empereurs et impératrices, mais également de leur caractère et de leur manière de se comporter publiquement mais aussi en privé avec leurs plus ou moins proches apporte un éclairage sur ces personnages mais aussi plus largement sur le pouvoir et sur son fonctionnement. Et sans faire de généralisations hatives, l’Empire byzantin est un magnifique exemple de très forte concentration de pouvoir dans un contexte culturel très civilisé. De manière pas si anecdotique que ça, c’est aussi l’époque à laquelle on régné plusieurs impératrices, tenant le trône de plein droit. Et si le contexte, comme l’auteur, sont clairement misogynes, ils le sont finalement beaucoup moins qu’on aurait pu le croire pour de telles époques. Une lecture que j’ai donc beaucoup appréciée, par son décalage, son exotisme mais aussi son contenu. Maintenant, on est d’accord, il faut quand même être pas mal motivé par l’époque pour se lancer là-dedans.

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