The utopia of rules, de David Graeber

juin 22, 2016

220616_Utopia_rules

Encore David Graeber et je vais encore vous en dire du bien. Je suis en train de tomber amoureux de David Graeber, et je vais continuer à lire sans hésiter à lire tout ce qu’il a écrit tant je le trouve brillant et capable d’éclairer des questions très variées de manière puissante et inattendue. Pour rappel, il est anthropologue et applique donc son questionnement à notre société capitaliste actuelle, avec un prisme rafraichissant et très efficace. Ici, il s’agit d’une compilation de trois essais, dont les thématiques se rejoignent mais avec chacun une entrée spécifique. Les trois essais tournent autour de la question de la bureaucratie et du capitalisme. Il postule que l’accroissement de la bureaucratie dans nos sociétés, et dans le quotidien de nos vies, est un impensé majeur des sciences sociales et de la pensée politique de gauche et le moins qu’on puisse dire est que j’ai trouvé sont éclairage convaincant. Il interroge par cette entrée-là la place de la violence dans nos sociétés, et de la violence institutionnelle en particulier, et de la manière dont la bureaucratie est une forme de violence des dominants. Il questionne aussi la constitution de l’imaginaire de gauche, de ses dimensions impensées en lien avec la bureaucratie et l’imagination, ce qui est passionnant et en ce qui me concerne assez nouveau. Il éclaire également la manière dont les systèmes bureaucratiques se mettent en place historiquement, et se maintiennent dans des conditions diverses. Et il interroge également notre relation ambivalente à la bureaucratie et à ses atouts en termes de simplicité sociale. Et tout un tas d’autres choses. Et tout ça en restant lisible, et même largement distrayant tant ses idées sont engageantes et son écriture facile. Comme c’est en plus souvent illustré d’observations anthropologiques modernes ou anciennes, locales ou exotiques, on ne s’embète pas. Et comme c’est également appuyé sur des apports théoriques puissants, en particulier tirés des études féministes, c’est riche et ça ouvre des perspectives larges. Définitivement, David Graeber est un auteur qui me fait penser loin, et sans douleur.

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One Response to “The utopia of rules, de David Graeber”

  1. François Says:

    Encore une lecture que j’ai prise de ton blog et je ne le regrette pas. J’aime beaucoup l’éclairage tout à fait original que Graeber apporte sur la question et la pertinence de ses observations. Tout en restant très abordable, c’est un vrai tour de force.


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