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#Feminism est un ouvrage collectif, et même une compilation, de propositions de jeux autour des questions féministes. De mini-jeux plus exactement puisque l’objectif est qu’ils se jouent globalement en une heure maximum. Et, plus exactement, de jeux de rôle. Enfin, au sens large de jeux de rôle puisque si effectivement il s’agit de jouer des rôles et d’improviser, on est par contre assez loin des formats standard du JdR. En particulier parce qu’il y a très peu de règles, mais aussi parce que les dynamiques proposées sont très variées et parfois, à mon sens, plus proche de certains jeux de société. Mais, foin de pinaillage, ce n’est pas ça qui est le plus intéressant. Enfin, ça reste intéressant parce qu’il y a là, dans les formes même, une variété réjouissante, qui m’a donné envie de ré-interroger tout ce qu’on peut faire à partir de ces principes de jeu. Mais le plus intéressant est bien sur le thème général, que chaque jeu va décliner différemment, avec 9 thématiques regroupant chacune trois ou quatre jeux. En effet, chaque mode de jeu est une manière d’explorer des questions de sexe, de genre, et de pouvoir. De féminisme, donc. En allant dans des choses très légères, mais aussi très lourdes, selon. Avec à chaque fois l’idée de faire un temps de jeu puis un temps de débriefing. En ce sens là, ce sont aussi potentiellement de très intéressants outils d’animation (pour peu qu’on dispose d’un groupe prêt à se laisser entrainer dans ce format de jeu). Avec une trentaine de propositions, c’est très riche, et tout ne parlera pas à tout le monde, mais c’est bien le principe. J’y ai trouvé des idées vraiment chouettes et étonnantes, et je pense qu’il y a vraiment de belles choses à faire avec tout ça. Vraiment une belle démarche, et plein de très bonnes idées, dont chacun-e pourra s’inspirer, directement ou non, pour s’amuser, pour échanger ou pour réfléchir.

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Olivier Tallec est illustrateur, et traditionnellement plutôt illustrateur de livres pour enfants, ce qui ne permet pas forcément de deviner qu’il a un humour très fin, parfois cruel et parfois absurde, et souvent les deux. Ces deux recueils proposent une compilation de ses dessins d’humour. A chaque page, c’est un seul dessin, avec en général une légende. Les dessins sont vraiment beaux, on sent bien sa compétence première d’illustrateur. C’est bien composé, avec des traits doux, des personnages très expressifs et de vraiment belles couleurs. Les textes sont également très réussis : courts et bien écrits, très efficaces. Et avec ça, c’est drôle. Vraiment. D’un humour qui me rappelle régulièrement Gary Larson, ce qui est un beau compliment. Et comme je le disais, c’est souvent un peu acide, voire cruel, mais parfois c’est aussi doux et nostalgique. Dans les deux cas, ça a vraiment tendance à me faire rire. Dans certains cas de manière tout à fait irrépressible. Après, selon vos goûts, ce sont les plus décalés et tranchants ou les plus doux qui vous plairont le plus, mais globalement, il y en a pour tout le monde. Mais vraiment, certains ont des chances de vous marquer tant ils sont réussis. Pour tout dire, on en a déjà d’affichés au format carte postale, et je pense qu’il va y en avoir quelques autres dans vraiment pas longtemps.

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The good place, saison 1.

janvier 15, 2018

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Une nouvelle série télé, essayée un peu au hasard après avoir lu de bons échos de la saison 2, et une bonne surprise pour le coup. Le point de départ est simple : Eleanor se réveille sur un canapé confortable, et accueillie dans le bureau de Michael, qui lui apprend qu’elle est morte, mais que, au vu de ses bonnes actions, elle est au bon endroit : the Good Place. Or, Eleanor était plutôt une connasse égoiste : il y a erreur sur la personne, mais, apprenant rapidement que The Bad Place, c’est vraiment pas bien, elle va tout faire pour passer inaperçue et rester. Sauf que sa présence même va provoquer un certain nombre de problème. Qui vont faire boule de neige. Et ce n’est que le point de départ, puisqu’on va aussi suivre de plus près certains autres personnages. Sans que ça se disperse cependant, parce que c’est une série courte, mais dynamique, en 13 épisodes de 20 minutes. Le scénario avance, il se passe pas mal de choses, et surtout, c’est vraiment drôle. C’est acide, décalé, très bien écrit et très bien joué. Et il y a même un fond philosophique, pas si anecdotique que ça, même ça reste optionnel. Et, oui, ça va quelque part : il y a un vrai scénario sur l’ensemble de la saison, et je l’ai trouvé tout à fait satisfaisant. Et il y a une saison 2, également, que nous avons commencée, et qui pour l’instant s’en sort très bien alors que ce n’était pas du tout évident de rebondir intelligemment. Si vous voulez une série pas trop longue, mais vraiment drôle et efficace, vous pouvez tenter la première saison sans hésiter.

Egologie, de Aude Vidal.

décembre 14, 2017

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Un tout petit livre, dans la même série que “L’amour à trois”, dont je vous avait parlé. Un tout petit livre qui s’attaque à de grosses questions, puisque le propos concerne l’écologie, et plus particulièrement les mouvements écolos actuels et leur positionnement idéologique et politique. Plus précisément, la question de l’égoïsme dans ce cadre-là, de la manière dont la lecture de ces problématiques peut se faire entièrement dans une logique très libéral de priorité donnée au bien-être et à la satisfaction individuelle. Pour résumer : ça tape exactement là où ça fait mal, avec une pertinence et une efficacité remarquable. Certes, un minimum de bagage politique est sans doute nécessaire pour réussir à profiter pleinement de tout ce qui est impliqué. Mais je pense que c’est très lisible même sans, d’autant que c’est court et d’une écriture rapide et efficace. Pour tout dire, je suis franchement admiratif de l’efficacité d’un si petit volume, d’autant plus que le propos est à mon sens essentiel. En bonus, c’est souvent assez drôle, et les petites illustrations de colibris m’ont vraiment fait rire. Je conseille donc fortement la lecture de ce tout petit ouvrage si vous vous posez des questions politiques un peu radicales et si la question écologique vous semble importante. Et si vous êtes prêt-e à vous faire bousculer un peu, aussi.

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Zach Weinersmith est l’auteur et le dessinateur de SMBC, un comics en ligne que j’aime beaucoup (et que vous trouverez là : http://www.smbc-comics.com/ ou bien là traduit par Phiip : https://cereales.lapin.org/). Sa compagne, Kelly, est chercheuse. Et ils ont fait un livre ensemble, qui relève, globalement, de la vulgarisation scientifique. Pas de n’importe quelle science : des domaines qui, de leur point de vue, ont une chance de produire plus ou moins bientôt (d’où le titre) des trucs qui changeront le monde, ou qui y sèmeront une merde noire (d’où le sous-titre). D’une part, le mélange prend vraiment bien entre l’humour pour geek de Zach, et le propos scientifique, par ailleurs exposé de manière très fluide et facile à assimiler. D’autre part, question précision et sérieux des recherches effectuées, ça se pose là. Parce que ce sont, justement, deux gros geeks, qui sont allé-e-s rencontrer plein de spécialistes pointu-e-s, qui ont lu plein d’articles et de livres très récents et détaillés. Et qui avouent en postface leur peur de se faire reprendre sur des imprécisions. Et enfin, ça marche bien parce que ça fait un peu rêver, quand même, sur certaines perspectives que ça dessine. Avec pas que des rêves positifs, notez bien, et c’est un aspect que j’ai vraiment apprécié, cette prise en compte des risques potentiels, et des nombreuses incertitudes. On est pas dans un optimisme béat ou dans un scientisme naïf, et c’est heureux. Et ça alimente aussi l’humour parfois grinçant des dessins et BDs qui parsèment le livre. Vous l’aurez compris, c’est plutôt un bouquin pour geeks, quand même, mais c’est accessible, et drôle, pour tout le monde.

Coco, de Pixar

décembre 14, 2017

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Le dernier Pixar, donc, dont j’imagine que vous avez déjà entendu parler. Un Pixar mexicain d’un bout à l’autre. Donc coloré, musical, et agréablement peu états-uniens pour une fois. On y suit les aventures d’un jeune mexicain, donc, à une période peu définie mais en milieu de vingtième siècle, d’une famille de cordonniers qui détestent la musique et les musiciens. Sans grande surprise, il veut devenir musicien, ce qui va lui donner l’occasion de plonger aux racines de sa famille. Mais pas n’importe comment : en passant dans le monde des morts pendant le Dias de Muertos. Et c’est le coeur du film : la fête des morts et monde des morts. Ce qui donne lieu à des “paysages” magnifiques, dépaysants et plein de ce charme fascinant qu’à ce rapport coloré et païen à la mort et à ses rites. Les échos des cultures pré-colombiennes sont d’ailleurs bien présents. Et dans ce cadre splendide, on a une histoire vraiment bien foutue qui a même réussi à me surprendre. Avec une belle fin touchante, mais, pour du Pixar, ça ne surprendra personne. Par contre, j’ai trouvé l’humour moins efficace et moins bien tourné que dans d’autres Pixar. Mais d’une part, c’est sans doute un ressenti assez personnel, et d’autre part, ce n’est de toutes façons pas l’intention centrale. Au final, c’est vraiment un très beau film, et un hommage touchant au Mexique et à la fête des morts.

We are X, de Stephen Kijak

décembre 14, 2017

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We are X est un documentaire musical, produit par la même équipe que Sugarman. Mais là où Sugarman était une enquête sur un musicien relativement inconnu, We are X raconte l’histoire de X-Japan, groupe certes peu connu en Europe, mais stars absolues depuis trente ans au Japon. Du genre à avoir vendu 30 millions d’albums et à être considérés comme les initiateurs de tout le mouvement rock actuel au Japon. Des superstars, donc, mais des superstars japonaises, donc pas tellement drogues et mégalomanie. On suit en particulier Yoshiki, le leader charismatique du groupe, batteur, pianiste, auteur, et surtout grand sensible, marqué par la disparition précoce de son père et une constitution qui faisait prédire qu’il n’atteindrait pas l’âge adulte. Et autant son côté romantico-gothique ne fait pas beaucoup écho chez moi, autant son parcours, et le parcours du groupe sont touchants et plein de surprises. Certes, on a l’impression de survoler l’histoire du groupe, ce qui est normal vu la durée, mais la dimension humaine est par contre tout à fait réussie et prenante. Accessoirement, musicalement, ils sont sacrément bons. Et ils donnent tout ce qu’ils ont à chaque concert, et ça se sent. En prime, ce sont les rois des tenues et des décos excessives, donc vous aurez votre pesant de japonaiserie bizarre. Au final, c’est un format plus classique et moins profondément touchant que Sugarman, mais c’est une très bon documentaire, et une plongée dans un groupe inconnu alors que mythique, ce qui en soi mérite le détour.

 

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