150118_#Feminism

#Feminism est un ouvrage collectif, et même une compilation, de propositions de jeux autour des questions féministes. De mini-jeux plus exactement puisque l’objectif est qu’ils se jouent globalement en une heure maximum. Et, plus exactement, de jeux de rôle. Enfin, au sens large de jeux de rôle puisque si effectivement il s’agit de jouer des rôles et d’improviser, on est par contre assez loin des formats standard du JdR. En particulier parce qu’il y a très peu de règles, mais aussi parce que les dynamiques proposées sont très variées et parfois, à mon sens, plus proche de certains jeux de société. Mais, foin de pinaillage, ce n’est pas ça qui est le plus intéressant. Enfin, ça reste intéressant parce qu’il y a là, dans les formes même, une variété réjouissante, qui m’a donné envie de ré-interroger tout ce qu’on peut faire à partir de ces principes de jeu. Mais le plus intéressant est bien sur le thème général, que chaque jeu va décliner différemment, avec 9 thématiques regroupant chacune trois ou quatre jeux. En effet, chaque mode de jeu est une manière d’explorer des questions de sexe, de genre, et de pouvoir. De féminisme, donc. En allant dans des choses très légères, mais aussi très lourdes, selon. Avec à chaque fois l’idée de faire un temps de jeu puis un temps de débriefing. En ce sens là, ce sont aussi potentiellement de très intéressants outils d’animation (pour peu qu’on dispose d’un groupe prêt à se laisser entrainer dans ce format de jeu). Avec une trentaine de propositions, c’est très riche, et tout ne parlera pas à tout le monde, mais c’est bien le principe. J’y ai trouvé des idées vraiment chouettes et étonnantes, et je pense qu’il y a vraiment de belles choses à faire avec tout ça. Vraiment une belle démarche, et plein de très bonnes idées, dont chacun-e pourra s’inspirer, directement ou non, pour s’amuser, pour échanger ou pour réfléchir.

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141217_Lost_Expedition

Peer Sylvester est un auteur que j’aime beaucoup (depuis King of Siam en particulier) et dont je trouve souvent les jeux intrigants. Il propose ici un jeu coopératif (qui peut aussi se jouer en solo ou en compétitif) relativement simple, et à la thématique forte. Dans The Lost Expedition, les joueurs dirigent collectivement une expédition partie sur les traces de Percy Fawcett à travers la forêt amazonienne pour trouver la cité perdue de Z (appelée ensuite Eldorado). Et ça ne va pas être facile. Le système de cartes est efficace, et si vous n’êtes pas en mode facile (ce que je conseille plutôt pour une première partie), ça risque d’être sacrément tendu. C’est un jeu potentiellement très tactique et dont les mécanismes sont malins. Malgré ça, l’iconographie est très compréhensible, et permet de se saisir du fonctionnement de manière fluide. Mais c’est aussi un jeu très cohérent avec son thème. Pour peu qu’on en ait un minimum envie, on peut vraiment faire une lecture très narrative des cartes et de la partie, ce qui ne vous empêchera pas de mourir, mais ce sera cohérent 😉  Les visuels, très tintin, sont pour moi également un atout, comme la qualité globale de production d’ailleurs, dans une petite boite au format livre (bon, ok, pour le rangement des pions quand on trimballe la boite, c’est pas génial, par contre, pensez à ajouter un sachet). Petit bonus supplémentaire, l’auteur s’est documenté de manière détaillée sur le contexte, les populations d’amazonie et le regard des explorateurs sur celles-ci, et c’est un petit bonus que je trouve fort appréciable. Au final, ce n’est pas un jeu révolutionnaire, mais c’est un petit jeu que je trouve agréable et efficace.

Forest, de Helvetik

novembre 7, 2017

071117_Forest

Forest est un tout petit jeu, dans une toute petite boite, plutôt destiné à un public d’enfants. Mais j’avais envie de vous en toucher deux mots tout de même. Parce que d’abord, le système de jeu, pour simple qu’il soit, est en fait très efficace, et permet aussi à des adultes de jouer en y ayant un vrai intérêt. Il y a un coté aléatoire pour se piquer des cartes, mais qui peut s’anticiper, et donc donner lieu à une lecture doucement stratégique. Et d’autre part, c’est un très beau jeu. Avec un design épuré que je trouve extrêmement réussi, et assez rare finalement dans le monde du jeu de société. Des illustrations très variées et riches qui reprennent tous les classiques des contes, et aucune indication de jeu sur les cartes pour les gâcher. C’est donc facile et accessible, et produit de manière originale et très réussie, j’aime vraiment.

150717_Profiler

Profiler fait partie de ces party games dont on pourrait se dire a priori que ça n’est pas très original et que ça ne va pas casser des briques. A tort dans le cas présent, parce que certes ça ne révolutionne pas le domaine, mais ça marche sacrément bien et c’est beaucoup plus fin qu’on ne pourrait le croire. Il s’agit d’un jeu dans lequel une personne connait le coupable, présenté parmi une série de suspects (il y a de tout, mais surtout du rigolo et du décalé, donc ça fait une belle galerie), et va essayer de faire deviner lequel aux autres. Pour celà, il va simplement noter le coupable sur une échelle de -5 à +5 par rapport à deux phrases prises au hasard et souvent idiotes (“Porte bien le tutu”, “Ferait un bon président”, “Survivrait à une attaque de zombies”…). A partir de cette seule information, les joueur-se-s vont essayer d’éliminer progressivement les suspects pour arriver au coupable. Et c’est étonnant de voir à quel point ça fonctionne, et à quel point ça donne lieu à des discussions abracadabrantes et rigolotes. Seul point d’attention : au début, on se mélange un peu en termes de logique puisqu’il faut d’abord éliminer ceux et celles qui ne collent pas aux critères exprimées. Si vous avez envie d’un jeu de groupe détendu pour mélanger déduction et discussions de n’importe quoi, ça fonctionne très bien.

 

150717_Tiny_epic_galaxies

Un jeu de type 4X (en général, de gros jeux d’exploration, développement, conquête) jouable en moins d’une heure, avec un matériel tenant dans une toute petite boite, ça impressionne forcément, surtout parce que ça marche très bien. En effet, ça se joue en 30-40 minutes à trois, un peu plus à plus nombreux. Et le matériel est sobre et optimisé mais réussit à quand même être honnête et dans une thématique SF standard. Ce qui pose la base d’un jeu efficace, simple mais en fait très tactique et retors, avec une profondeur étonnante. Et, comme annoncé, on développe sa galaxie, on explore, on conquiert et on embête ses petit-e-s camarades. Avec peu de moyens, mais des résultats efficaces. Notamment dans les batons qu’on peut se mettre dans les roues, qui semblent au départ limités, mais étant donné la dimension optimisée de tous les mécanismes, on découvre qu’en fait, ces moyens ne sont pas du tout réduits quand ils sont utilisés de manière astucieuse. C’est donc un jeu qui fera le bonheur des amateurs de gros jeux, et qui veulent une version plus courte sans perdre trop en profondeur. Par contre, ce n’est pas un jeu pour celles et ceux qui aiment les ambiances bien posées, prendre leur temps sans optimiser, ou la dimension narrative.

 

150717_KikouJeu de l’année pour enfants cette année à Cannes, Kikou le coucou mérite son prix de mon point de vue. C’est simple, c’est drôle, c’est hyper efficace comme design et le matériel est parfait. Et accessoirement, ça sort agréablement des modes de jeu classiques de chez Haba. Kikou le coucou est un jeu d’adresse dans lequel on va essayer d’aider Kikou à construire un nid pour y mettre ses oeufs (parce qu’il n’a pas réussi à en piquer un). C’est donc une sorte de mikado à l’envers, où la boite sert de base et de réserve. On pioche des baguettes, on les mets en équilibre et on pose des oeufs dessus. C’est simple. Mais ça fonctionne très très bien, et notamment en mélangeant enfants et adultes. Je vous le recommande vivement.

070317_Subnautica3

Subnautica est ma dernière incursion dans le monde du jeu vidéo, pour lequel je n’ai plus beaucoup de temps, et j’ai vraiment apprécié. Tout commence avec un crash, de vaisseau spatial, sur une planète océanique. On reprends conscience dans une petite capsule de sauvetage en mauvais état, flottant sur un océan alien, avec en toile de fond l’épave de notre vaisseau en train de se consumer (de manière tout à fait radioactive par ailleurs). A partir de là, il s’agit d’un jeu de survie et d’exploration, entièrement sous-marin. Et c’est beau, déjà. Avec des poissons bizarres, des paysages variés, de la bioluminescence dès que vient la nuit, et un vrai dépaysement. Pour le coup, le coté merveilleux de l’exploration est à mon sens entièrement rempli, beaucoup beaucoup plus que dans n’importe quel environnement plus classique. C’est aussi un jeu de survie, et de crafting, puisqu’il va s’agir de se bricoler de l’équipement de plus en plus élaboré, mais aussi de manger, de boire et de ne pas se faire bouffer. Parce que oui, tous les poissons ne sont pas sympas. Mais à ce titre, ça ne devient en rien un jeu de chasse ou de tir, même bien équipé. Au mieux, on se protège des prédateurs mais on ne les attaque pas. Ce qui contribue à une vraie ambiance de jeu d’horreur tranquille. Tranquille en ce sens qu’on ne court pas partout pour dézinguer les méchants, ni qu’on ne se fait sauter dessus par surprise. Mais d’horreur parce qu’on est tout seul dans un océan immense avec des trucs dedans et des gouffres abyssaux. Et en ce qui me concerne, ça marche carrément. Et, oui, le crafting est élaboré et bien foutu, et lié à l’exploration, et permet d’aller vers la construction d’une base sous-marine, de véhicules, etc. Véhicules qui permettront d’explorer plus profond, de découvrir de nouveaux environnements, de se perdre de manière plus variée aussi. C’est vraiment une expérience que j’ai beaucoup appréciée, et que je trouve extrêmement bien réalisée, sur un thème qui plus est orginal. Maintenant, le jeu n’est pas fini pour le moment, il est en early access, et je pense qu’il gagnera encore, et il sera a priori avec une vraie fin, que je n’ai pas encore atteinte. Mais pour les vingt premières heures de jeu, c’est du tout bon.

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