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Si le contexte de cette trilogie (qui devient ensuite une série un peu fleuve) peut sembler au départ assez classique en termes de Fantasy, c’est en fait une impression assez trompeuse. D’une part parce que les intrigues relèvent largement plus de l’enquête, et surtout de la maneuvre politique que de quêtes héroïques ou d’opération de sauvetage du monde. D’autre part parce que l’échelle de narration est au niveau individuel, et d’individus pleins de doutes, d’humanité, et donc de difficultés, voire de traumas à faire face à un monde dans lequel ça bastonne, ça trucide, et éventuellement, au loin, ça fait de la magie du genre à réduire des populations à néant dans d’atroces souffrances. Ce qui est du coup un prisme que je trouve particulièrement intéressant pour explorer un monde de fantasy, d’autant plus en suivant les aventures d’une troupe de mercenaires qui n’ont pas non plus envie de n’être que de méchants, juste de survivre. De fait, les personnages sont très humains, on ne tombe pas dans le stéréotype héroïque, ni chez les gentils, ni au final, et c’est une bonne surprise, chez les méchants. Et on s’attache donc grandement aux personnages en question, qui ont de la profondeur et une réalité rare dans ce type d’univers. Au-delà de cette question de traitement, les scénarios sont très élaborés, riches et malins, avec moults rebondissements et finesses. Et l’écriture est vivante, agréable et pleine d’humour. Du coup, oui, j’aime vraiment beaucoup. En particulier, cette première trilogie (ici en un time, mais en trois volumes de poches français facilement trouvables également) constitue une unité scénaristique très cohérente, avec une belle conclusion (qui ouvre certes sur des suites, mais il y a une vraie césure) à tous points de vue.

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Et voilà, nous y sommes : le grand retour de Loïc Lantoine. Cette chronique ne sera donc pas du tout objective, je suis toujours complètement fan. Loïc Lantoine s’est allié à un grand orchestre de jazz (dix-huit musicien-ne-s tout de même, déjanté-e-s bien comme il faut) pour ce nouvel album (et cette nouvelle tournée puisque nous avons eu la chance de les voir en concert de sortie de résidence). Autant dire que musicalement, ça change un peu de style. Non, ça change beaucoup de style. Mais ce n’est pas la première fois, et de mon point de vue, ça fonctionne aussi bien, voire mieux que la version plus rock. Dans ce double album, on trouve donc un CD de nouvelles chansons, un tout petit peu plus chantées, mais pas trop quand même, et un CD de chansons précédentes remises en musique avec ce nouveau groupe. Dans les deux cas, ça marche très bien. Les nouvelles chansons sont excellentes, avec toujours des textes superbement poétiques sans jamais se la raconter, et des musiques variées, qui partent dans tous les sens et qui ont la patate. Et les anciennes chansons trouvent une nouvelle jeunesse et une nouvelle énergie sans rien perdre de leur qualité. Il y a donc de quoi rire, de quoi pleurer, de quoi être en colère et de quoi se reposer, une fois de plus. Je vous conseille donc bien évidemment ce double CD, mais je vous conseille aussi très fort de les voir en concert, avec dix-neuf personnes sur scène, ça envoie, et dans notre cas ça a duré deux heures et demi de bonheur et de n’importe quoi 🙂

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The spirit level est sans doute un des livres les plus importants que j’ai lu jusqu’à aujourd’hui, toutes catégories confondues. Et je signale tout de suite qu’il existe également en français sous le titre “Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous”, donc il n’y a pas de raisons de vous priver. Le titre français résume d’ailleurs assez bien le coeur du propos. Mais ce n’est pas un propos idéologique ou politique au sens restreint, mais bien un propos scientifique. Et de grande ampleur. En effet, Wilkinson et Pickett rendent là compte d’un travail d’une ampleur considérable puisqu’il concerne un échantillon représentatif des pays riches de la planète (ce qui permet de distinguer les effets de l’inégalité indépendamment de l’impact de l’accès aux besoins minimaux, mais les résultats s’appliquent plus largement qu’à seulement ces pays). Et pour ces pays, ils montrent, à l’aide de données en béton et sur de larges échantillons et périodes, que l’inégalité de revenus à des impacts considérables et assez indiscutables sur la santé, l’espérance de vie, les niveaux de confiance et de violence au sein d’une société, de drogues, la capacité à faire face au changement climatique également (je ne le détaille pas ici, mais c’est marquant et vital), etc. Et que l’égalité permet des sociétés fonctionnant mieux à tous points de vue. Et pour tous, notamment pour les plus favorisé-e-s, mais bien sur plus directement et fortement pour les moins favorisé-e-s. Les données sont comme je le disais, inattaquables et les conclusions également solides. Ce qui fait plaisir, quand on a toujours pensé que l’égalité devait être une priorité, mais surtout qui donne des arguments de poids pour l’argumenter et se remotiver autour de cette priorité politique. Et la bonne nouvelle, c’est que quelques soient les moyens pour arriver à plus d’égalité (et différents pays y arrivent par différents moyens, même aujourd’hui, le Japon et les pays scandinaves obtenant des résultats également bons avec des leviers très différents), les bénéfices sont sensiblement les mêmes et ils sont bien plus importants que toutes les politiques ponctuelles et spécifiques pour améliorer l’un ou l’autre des enjeux en question. Comme le sont parfois de grandes avancées scientifiques, les conclusions peuvent sembler relever du sens commun. Mais elles sont là ancrées dans des années de recherche et un nombre de travaux (avec un pannel international dépassant très largement le travail de Wilkinson et Pickett) considérable les validant. C’est du coup un livre qui redonne énormément d’espoir quand au fait de pouvoir faire avancer les choses dans le bon sens, et que je considère comme franchement incontournable.

Pour pouvoir permettre une diffusion la plus large possible de ces résultats, Richard Wilkinson et Kate Pickett ont donné beaucoup de conférences mais ont également mis en place une structure non-lucrative diffusant des supports pédagogiques et des compléments à leur livre. Pour commencer à faire boule de neige, je vous le mets là mais je compte bien en faire d’autres choses dans le futur :

https://www.equalitytrust.org.uk/

Et la version du livre en français :

https://www.amazon.fr/Pourquoi-l%C3%A9galit%C3%A9-meilleure-pour-tous/dp/2363831012/

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Le cosy corner, un de nos restos préféré, à déménagé. Pas loin, ça reste en plein dans le Vieux Lyon, mais c’est encore vachement mieux qu’avant. La cuisine est toujours excellente, avec des hamburgers de grande classe (et même des pains sans gluten si on demande, ce qui est un vrai bonheur en ce qui me concerne) mais aussi un peu plus de plats traditionnels que précédemment, notamment un plat du jour. De ce coté-là, donc, petite amélioration mais on était déjà au top. En termes de lieu, par contre, c’est vraiment mieux. Plus grand, plus lumineux, avec à l’intérieur une vue sur une petite cour intérieur très jolie, et surtout à l’extérieur, une grande terrasse sous les arbres avec de la place et pas trop de monde qui passe (devant la mairie du cinquième). Donc, si vous n’y étiez pas allé avant, je vous conseille à nouveau, et encore plus, d’aller essayer. En plus, elles sont super sympa.

Je vous avais fait la pub de Puzzle and Dragons il y a un petit moment. J’y reviens rapidement parce que ça fait tout pile un an que j’y joue de manière très très régulière et avec un plaisir toujours renouvelé. Ce qui méritait à mon sens d’être souligné, et qui n’est que justice au vu du nombre d’heures que j’y consacre. Donc, sur la base que j’avais déjà décrite, je ne peux que confirmer un certain nombre de choses que je préssentais seulement à l’époque. D’une part, le mécanisme de jeu est terriblement riche, puisqu’en changeant de leader on change de priorités et donc de stratégie dans la manière de jouer chaque tableau. Donc, oui, la manière de jouer se renouvelle facilement et souvent, et qui plus est globalement au choix du joueur. D’autre part, la courbe de progression, même au bout d’un an, continue à être très bien gérée. Il y a encore et toujours des contenus plus difficiles, au fur et à mesure qu’on accumule des personnages pour, mais surtout au fur et à mesure qu’on joue mieux. Le dosage est excellent et je continue à franchir des étapes de difficulté, doucement, mais avec bonheur. Enfin, Gungho continue une politique de l’événement permanent, et du cadeau permanent, puisque si le jeu est vide ardu, l’ambiance de la communauté et du jeu sont tout l’inverse de punitive et vise sans arrêt à faciliter, à réduire les parties répétitives et ennuyeuses. Donc, oui, je continue, et avec bonheur, et ce n’est pas souvent que je trouve un jeu qui me tienne aussi bien sur la longueur.

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Cette série a été notre grande découverte de l’hiver. Vraiment un coup de coeur ! C’est donc, pour ceux et celles qui situent, une adaptation des romans de Douglas Adams (auteur du Guide du Routard Galactique, donc, le genre de romans que si vous l’avez pas lu, ben faut vous y mettre maintenant, là, tout de suite). Et c’est une bien belle adaptation, en tant qu’adaptation, et une réussite totale en tant que série. Bon, en tant que série décalée et )à moitié folle pour ceux et celles qui veulent du très dense et très prenant sur une petite série d’épisodes. Parce que oui, seulement huit épisodes. Mais huit épisodes maitrisés, toniques, qu’on ne voit pas passer, et qui s’articulent avec une précision et une cohérence impressionnantes. Surtout, surtout quand on voit l’impression de bordel insensé qui se dégage dès le début du premier épisode. Oui, ça part dans tous les sens. Oui, c’est irracontable. Mais c’est drôle, c’est inventif, c’est décalé, c’est plein d’humour absurde. Et c’est servi par une bande d’acteurs et d’actrices tous plus magnifiques et à leur place les un-e-s que les autres. Et, pas si accessoirement, c’est un casting, et un scénario, qui font une très belle place à des personnages féminins et à des personnages noir-e-s, sans en faire une histoire, mais très efficacement. Non, vraiment, c’est à ne pas rater. Sauf si vous n’aimez pas le n’importe quoi (et là, c’est un n’importe quoi au final cohérent et du coup d’autant plus jouissif).

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Méréana est une jeune femme africaine, contrainte temporairement de travailler à casser des cailloux au bord du fleuve. Elle en fait des graviers, qu’elle vend ensuite, comme ses collègues, en sacs, à des entreprises de construction. Lorsqu’elle apprend que les prix s’envolent depuis que le président a décidé de faire construire un nouvel aéroport, elle propose au groupe de femmes d’augmenter leur tarif en conséquence. Et ce ne sera pas, justement, sans conséquences. Un jour nouveau se lèvera sur cette décision, et un collectif va se souder et s’affronter aux logiques de pouvoir de leur pays. C’est un roman sur un thème tout à fait sérieux, voire grave, mais c’est un roman joyeux, énergique, qui donne envie. Ce n’est pas un conte de fée, au contraire, c’est très fin et réaliste dans ce que ça décrit de la place des femmes et du fonctionnement de la société. Et c’est très bien écrit, avec un style qui m’a vraiment plu, du rythme, de l’émotion, et, donc, beaucoup d’humour. Une belle histoire de lutte, qui part de tout en bas pour arriver assez haut. C’est un roman qu’on ne lache plus une fois qu’on est entré dedans, un roman dans lequel on s’attache aux personnages, nombreux, et à leurs histoires. On ne peut qu’admirer ces femmes en lutte et avoir envie de les voir aboutir. Vraiment une lecture que je vous recommande.