070317_Eightepics

Eight epics est un jeu de Seiji Kanai, auteur de l’excellent Love Letter, avec des dés et un nombre très réduit de cartes. Je partais donc d’un a-priori positif, et houla, non, pas du tout, vraiment je n’ai pas accroché. Je n’y ai même trouvé aucun intérêt. Il s’agit d’un jeu de dés, coopératif, dans lequel à chaque manche, on va essayer de produire avec une série de dés commune une série particulière. Genre un Yams à plusieurs mains. Et chacun dispose de pouvoirs spécifiques pour modifier les faces des dés. Enfin, on a tout plein de pouvoirs tous ensemble, et chacun en a un un peu particulier en plus. Alors certes, ça fonctionne, mais c’est froid, pas excitant, et franchement long au vu de l’intérêt. Qui plus est, le matériel est illustré de manière tellement bateau et tellement inutile vu la dimension abstraite du jeu qu’on se demande pourquoi avoir fait de si grandes et si nombreuses illustrations. Non, au final, à moins que vous soyez fans de jeux de dés et que vous cherchiez un jeu coopératif, je ne vois pas de raisons de vous tourner vers Eight Epics.

070317_FreakShop

J’ai un peu trainé avant d’essayer Freak Shop, mais à force qu’on m’en dise du bien, j’ai fini par essayer. Et grand bien m’en a pris puisque j’ai vraiment trouvé ça très agréable et très réussi. La base en est simple : il s’agit d’un jeu de cartes dans lequel on va essayer de composer des séries en défaussant à chaque tour une ou plusieurs cartes au milieu de la table pour en reprendre parmi celles présentes là. Classique, mais c’est un mécanisme que j’aime déjà bien. Si vous ajoutez une mécanique d’échanges simple et vraiment maline, et surtout des critères de décompte des points qui sont renouvelées à chaque partie (et il y a de quoi varier les permutations pendant un moment), vous obtenez un jeu rapide et facile à comprendre mais extrêmement malin et varié d’une partie sur l’autre. Vraiment, ça se joue tout seul, c’est super efficace et on a envie à chaque fois de remettre ça avec de nouveaux critères de victoire pour voir ce que ça change. Et, oui, ça change. Sur cette base, qui est celle d’un jeu abstrait, le travail d’illustration et de thématique est tout à fait réussi. Tout à fait inutile au sens strict du mécanisme de jeu, mais tellement joli et amusant que c’est au final un attrait en soi. Et en plus, c’est proposé par un petit éditeur, qui réussit là un jeu qui mérite un vrai succès.

Je vous avais fait la pub de Puzzle and Dragons il y a un petit moment. J’y reviens rapidement parce que ça fait tout pile un an que j’y joue de manière très très régulière et avec un plaisir toujours renouvelé. Ce qui méritait à mon sens d’être souligné, et qui n’est que justice au vu du nombre d’heures que j’y consacre. Donc, sur la base que j’avais déjà décrite, je ne peux que confirmer un certain nombre de choses que je préssentais seulement à l’époque. D’une part, le mécanisme de jeu est terriblement riche, puisqu’en changeant de leader on change de priorités et donc de stratégie dans la manière de jouer chaque tableau. Donc, oui, la manière de jouer se renouvelle facilement et souvent, et qui plus est globalement au choix du joueur. D’autre part, la courbe de progression, même au bout d’un an, continue à être très bien gérée. Il y a encore et toujours des contenus plus difficiles, au fur et à mesure qu’on accumule des personnages pour, mais surtout au fur et à mesure qu’on joue mieux. Le dosage est excellent et je continue à franchir des étapes de difficulté, doucement, mais avec bonheur. Enfin, Gungho continue une politique de l’événement permanent, et du cadeau permanent, puisque si le jeu est vide ardu, l’ambiance de la communauté et du jeu sont tout l’inverse de punitive et vise sans arrêt à faciliter, à réduire les parties répétitives et ennuyeuses. Donc, oui, je continue, et avec bonheur, et ce n’est pas souvent que je trouve un jeu qui me tienne aussi bien sur la longueur.

Best of 2016

janvier 24, 2017

Catégorie « La série folle et parfaitement maîtrisée de ma fin d’année » :

https://sebchro.wordpress.com/2017/01/03/dirk-gentlys-holistic-detective-agency-de-max-landis/

 

Catégorie « L’auteur politique qui m’a le plus enrichi et le plus réjoui »:

https://sebchro.wordpress.com/2016/06/22/the-utopia-of-rules-de-david-graeber/

https://sebchro.wordpress.com/2016/03/31/debt-de-david-graeber/

 

Catégorie « Le vieil auteur de SF qui m’a surpris et charmé » :

https://sebchro.wordpress.com/2016/09/18/shaman-de-kim-stanley-robinson/

https://sebchro.wordpress.com/2016/07/25/aurora-de-kim-stanley-robinson/

 

Catégorie « La nouvelle auteure qui démarre avec une trilogie magnifique, non sans avoir un propos superbe sur le sexe et le genre » :

https://sebchro.wordpress.com/2016/06/22/ancillary-justice-ancillary-sword-ancillary-mercy-de-ann-leckie/

 

Catégorie « Le jeu (téléphone) qui occupe mes journées depuis un an, en se renouvelant en permanence » :

https://sebchro.wordpress.com/2016/09/18/puzzle-and-dragons-de-gungho/

 

Catégorie « La BD la plus drôle depuis un moment » :

https://sebchro.wordpress.com/2016/03/31/zai-zai-zai-zai-de-fabcaro/

 

Catégorie « Les jeux que j’ai le plus joué et fait jouer cette année » :

https://sebchro.wordpress.com/2016/07/25/codenames-de-vlaada-chvatil/

https://sebchro.wordpress.com/2016/03/31/mysterium-de-oleksandr-nevskiy-et-oleg-sidorenko/

Une perspective claire et essentiel sur la non-mixité :

http://lmsi.net/La-non-mixite-une-necessite

 

Un éclairage incisif d’Angela Davies sur la laïcité en France aujourd’hui :

http://mobile.lesinrocks.com/inrocks.tv/angela-davies-laicite-a-ete-transformee-arme-contre-musulmans/

 

Le design de l’addiction, un bien beau métier dont nous sommes tous cibles :

http://rue89.nouvelobs.com/2016/11/04/les-secrets-ingenieurs-rendent-accros-a-portables-265575

 

Quelques idées simples mais intéressantes sur le couple :

http://www.gqmagazine.fr/sexactu/articles/cinquante-ans-de-vie-commune-observer-les-vieux-couples-en-prendre-de-la-graine/45641

 

Une petite analyse des élus de droite (dure) au pouvoir dans les mairies et régions :

http://www.alterecoplus.fr/enquete-pouvoir/00012610

 

Réhabiliter les communards, c’est bien, et puis avec un tel délai, ça ne devrait froisser personne…

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/11/30/l-assemblee-rehabilite-les-communards-victimes-de-la-repression_5040565_3224.html?

 

Militer en dessinant des bites sur le goudron, je suis fan !

http://www.trueactivist.com/anonymous-activist-draws-penises-around-pot-holes-and-theyre-fixed-within-48-hours/?

 

L’ENTPE à Vaulx-en-Velin, ça passe inaperçu de l’extérieur, mais ce n’est pas rien :

http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/du-centre-social-a-l-ecole-d-ingenieurs-un-nouveau-monde-au-bout-de-la-rue_1855053.html

 

Ouais, arrêtons de critiquer Wikipedia pour de mauvaises raisons, sivouplé :

http://rue89.nouvelobs.com/2016/12/01/critiquons-wikipedia-bonnes-raisons-265795

 

Une petite piqure de rappel des sociologues des riches :

http://www.humanite.fr/monique-pincon-charlot-et-michel-pincon-les-riches-estiment-quils-ont-tous-les-droits-604453

 

Si ça se confirme, ça fait un peu peur sur l’image de la démocratie…

http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/01/la-democratie-est-de-moins-en-moins-essentielle-pour-les-jeunes/?utm_hp_ref=fr-homepage

 

Ok, de la BD qui croise jeux et politique, c’est ciblé, mais elle m’a fait bien rire :

http://existentialcomics.com/comic/159

 

Et pour vous souhaiter une bonne année 😀

http://boingboing.net/2017/01/01/sex-toy-rube-goldberg-machine.html

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Mark Hodder entame sa carrière de romancier avec cette série de romans steampunk et on ne peut qu’être grandement admiratif de la qualité de ce qu’il propose. De fait, c’est extrêmement bien construit et rythmé, avec un intrigue élaborée (c’est le moins qu’on puisse dire, mais il est difficile d’en parler sans spoiler. Alors je dirais simplement que le thème de l’histoire alternative est vraiment bien exploité et dans une perspective narrative bien plus SF que Steampunk). D’autre part, l’auteur joue d’une part avec les codes du steampunk de manière réjouissante et détendue, mais surtout en s’appuyant de manière très documentée et maline sur des personnages et des mystères de l’époque victorienne. A ceci, on peut ajouter des personnages principaux drôles et variés (un explorateur arabophile à réputation de brute et un poète masochiste de petit gabarit alcoolique), qui ne donnent pas l’impression de s’enfermer trop dans les clichés victoriens mais de s’en amuser. Dans le premier tome, sur une base d’intrigue policière, avec des personnages inattendus, on se laisse embarquer dans un scénario très tordu et élaborée mais au final très satisfaisante, et qui se trouve poser les bases d’un monde très intriguant et donc d’une série qui s’annonce finie (tant mieux). Dans le second, on poursuit avec une intrigue plus ouverte et plus politique mais tout aussi bien construite, et sur des bases historiques que je connaissais moins. Ce qui nous mène à un troisième tome qui devrait être la conclusion et donc je vous parlerais bientôt. Mais vraiment une excellente surprise que cette série, je vous la recommande d’autant plus que son début est traduit en français.

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Robert Sternberg est certes un psychologue passablement réputé, mais ça ne l’empêche pas d’être compréhensible et efficace, aussi bien dans les idées qu’il propose que dans sa manière d’écrire. Accessoirement, le fait de choisir un psychologue français comme traducteur aide sans doute. L’idée ici est de considérer que les relations amoureuses n’obéissent pas à un modèle, à une recette qui permettrait que ça marche, mais sont vécues et pensées en tant qu’histoires (au sens narratif, donc de scénarios) par les personnes concernées. Avec une grande gamme de scénarios possibles, plus ou moins compatibles et plus ou moins risqués. Sternberg propose vingt-cinq grands types de scénarios, du classique conte de fées, au scénario de guerre, de voyage, du jardin, du policier, etc. Chacun-e se reconnaitra, dans ses projections tout comme dans ses relations, dans différents scénarios, avec des préférences et une hiérarchie éventuelle, et le but n’est justement pas d’être normatif mais de comprendre comment on peut penser très différemment une relation amoureuse, et comment le fait de faire se rencontrer deux scénarios est aidé par le fait d’en être conscient-e-s. C’est une idée que j’ai trouvé vraiment intéressante, et finalement presque évidente. Ce qui est signe que c’est facile à intégrer, et à essayer d’appliquer à sa réflexion. Et qui n’a aucun des travers des divers manuels de recette pour réussir sa vie de couple.