100618_Bordeliko

Enfin, le second album de Sidi Wacho. Sachant que le premier tournait très souvent à la maison et fait même partie des préférences musicales actuelles d’Olympe (qui hérite donc naturellement des bons goûts musicaux de ses parents, c’est bien le minimum), je l’attendais donc avec un certaine impatience. Et je ne suis pas déçu, il tourne en priorité pendant mes trajets et mes temps de boulot devant l’ordi. C’est de mon point de vue tout aussi bon que le premier, et pour autant ça ne fait pas répétition, il y a une vraie évolution. En particulier, je le trouve plus mélodieux, la dimension latino est plus sensible musicalement, ce qui renouvelle pas mal les rythmes et laisse plus de place aux cuivres, sans perdre la base hip-hip et dynamique. De la même manière, les parties chantées en espagnol s’aventure dans plus de variations et de jeux de voix, et plus j’écoute, plus ce sont des dimensions qui me plaisent. Avec ça, on garde bien sûr la même base, donc beaucoup d’énergie, un positionnement politique radical et populaire que j’aime beaucoup, de l’humour, de la tchatche, ça marche très très bien. Bon, ok, il y a une chanson que j’aime moins. Enfin, depuis que j’ai fait attention au détail des paroles, je l’aime quand même, mais moins. Presque un sans faute, donc, je vous le recommande très chaudement, comme le précédent, ça fait une bonne bande son pour militer avec le sourire.

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100618_Fast_fouille

Allez, un jeu d’ambiance et de communication de plus. Avec une dimension bordélique que je ne trouve pas du tout désagréable. Le principe : une pile au centre de la table, avec 400 cartes sur lesquelles sont figurés des objets de tous types. Chacun-e pioche une carte lieu : derrière mon canapé, à l’université, chez ma grand-mère, etc. Et là, avec un temps très limité, on fouille dans le tas central pour trouver une série d’objets correspondant plus ou moins à notre lieu. Ceci fait, on passe à la phase où on va essayer de deviner, avec les objets et les lieux visibles (mais aussi d’autres lieux pour brouiller) : qui avait quel lieu. Une base de jeu de communication symbolique et de représentations, donc, avec des modalités de détail plutôt malines et ludiques, ce qui marche toujours très bien. Mais on y ajoute ici une dimension d’urgence et donc de bordel et d’approximation. Ce qui plaira à certain-e-s, parce que c’est du coup plus drôle, aléatoire et chaotique, mais beaucoup moins à d’autres, puisque c’est donc beaucoup moins fin en termes de communication et de représentations, et que ça laisse assez peu de place à la maitrise. Un hybride que je trouve personnellement assez sympathique, même si je trouve quand même la quantité de matériel un peu disproportionnée par rapport à l’intérêt fondamental du jeu (mais c’est aussi beaucoup mon côté animateur qui part avec ses jeux sur le dos qui parle, sur ce coup-là).

100618_The_Mind

Plus qu’un jeu, une expérience. Un jeu de 100 cartes, numérotées de 1 à 100. On les mélange, on en distribue une par joueur-se, et, sans parler et même sans communiquer du tout, en jouant chacun-e quand on veut, on essaie de les jouer dans l’ordre croissant au milieu de la table. Et si ça marche, on recommence en distribuant deux cartes. Et ainsi de suite. Et certes, il y a trois détails de règles en plus, mais le principe est vraiment aussi simple que ça. Au point qu’on peut légitimement se demander si il y a vraiment là un jeu. Et, très clairement, il y a là un jeu, et un excellent jeu qui plus est. D’une part parce que c’est une expérience en soi de comprendre ce qui fait le jeu, et ensuite parce que c’en est une autre de tenter de le jouer vraiment. Donc, soyons clair : c’est un des jeux les plus étonnants que j’ai testé ces derniers temps, je vous encourage très fortement à l’essayer. Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, je vous explique ce qu’il y a derrière, mais si vous voulez profiter de la découverte, arrêtez votre lecture ici. Donc, au fond, c’est purement un jeu de rythme et de synchronisation. Au fil du jeu, on va commencer, intuitivement, à se caler sur le même rythme, à se laisser des intervalles cohérents avant de jouer, en incluant les particularités de celui ou celle qui a tendance à jouer plus vite… tout ça de manière très intuitive voire inconsciente, c’est ça qui en fait un expérience très particulière.

100618_Texto

Voilà un petit jeu qui ne faisait pas encore partie de mon stock professionnel, alors que franchement, il a tout pour y être à sa place. Expliqué en vingt secondes, joué en quelques minutes, pour un nombre de personnes sans vraiment de limites, c’est idéal pour faire un temps d’inclusion ou un jeu d’apéro. Bon, pour jouer vraiment, par contre, honnêtement, c’est tellement le service minimum que ça ne me motive pas beaucoup. Le principe : on pioche un thème, une lettre et il faut annoncer le premier un truc qui colle. Ok, il y a plus, il y a en fait trois lettres, et il faut bien choisir celle de la bonne couleur (la même couleur que le thème). Donc, oui, c’est le plus sobre possible pour un jeu de ce type, mais c’est tout à fait efficace. Juste, n’en attendez pas plus. Comme je disais, pour jouer, ça ne m’occupera pas longtemps, mais pour un mini-temps de jeu, on ne fait pas plus facile à lancer.

Nolife s’arrête, et je suis bien triste, c’était ma meilleure chaine de télé…

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/04/01/game-over-pour-nolife-la-chaine-du-jeu-video-et-des-cultures-japonaises_5279424_4408996.html

 

Un article passionnant sur la sécession des élites, dans le Figaro ! (Dont je suis en train de lire le livre dont auquel qu’ui causent, que ce sera dans la prochaine chronique)

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-d-etre-abolie-par-coralie-delaume.php

 

Faut-il détruire les écoles de commerce ? J’avais déjà mon avis avant 😉

http://www.slate.fr/story/161002/detruire-ecoles-commerce

 

La police falsifie des dates de naissance, non mais tout va bien…

https://amp.theguardian.com/world/2018/apr/12/french-police-accused-of-falsifying-migrant-childrens-birth-dates?

 

Une belle démarche en cours avec notamment des collègues brillants 😉

http://protectionsocialesolidaire.org/

 

Les habits neufs de la virilité :

http://www.slate.fr/story/157855/hommes-mythe-virilite-masculinite-male-alpha-transformation-mutation#

 

Bourdieu sur la place des chercheurs dans les mouvements sociaux, toujours juste :

https://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/BOURDIEU/8602

 

Une coopérative d’habitants plutôt qu’une maison de retraite, la classe :

https://www.see-life.fr/pour-ne-jamais-aller-en-maison-de-retraite-ces-seniors-ont-bati-leur-cooperative-dhabitants/

 

Stéréotypes racistes dans les visuels de jeu de société, ça m’a parlé, on se demande pourquoi : http://theconversation.com/the-hidden-history-of-indigenous-stereotypes-in-tabletop-games-95631

 

Et puis stéréotypes machistes dans les jeux vidéos, tant qu’on y est 😉

https://www.rockpapershotgun.com/2018/04/08/lets-play-male-protagonist-bingo/

 

Et le plus vieux jeu de plateau du monde, pour finir sur ce thème :

https://boingboing.net/2018/04/05/watch-the-worlds-oldest-boar.html

 

Comment débattre avec les défenseurs de la Terre Plate ? Spéciale dédicace à Alexis

https://theconversation.com/how-to-reason-with-flat-earthers-it-may-not-help-though-95160

 

Geneviéve de Fontenay chante l’Internationale avec Philippot… J’ai ri 🙂

https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/23/genevieve-de-fontenay-entonne-linternationale-avec-florian-philippot-contre-macron_a_23417811/

030518_Berrouka_Punks

Bon, le titre annonce la couleur, non ? Mais il n’annonce pas nécessairement à quel point c’est drôle. Et à quel point c’est référencé. De fait, Karim Berrouka est la chanteur de Ludwig 88, autant dire que question punks, il ne fait pas semblant de connaitre. Ce qui fait une partie du sel de ce roman, dans lequel on suit donc un groupe de punks (aux profils variés : punks drogués destroy, féministe anti-plein de choses, freegan, anarcho-maoiste et punks à chien forment la fine équipe d’un squat, une sorte de club des cinqs moderne donc) qui se trouvent parmi les rares survivants d’une apocalypse zombie, en plein Paris. Que faire face à une apocalypse zombie, quand on est une bande de punks : d’abord des conneries. Et de belles conneries, drôles et inattendues. Mais ce ne sera pas tout, puisque des visions d’anges tout aussi destroy et décalés qu’on pourrait imaginer, vont s’en méler. Puis les survivants du Medef. Et, je le redis, c’est vraiment drôle dans le n’importe quoi qui n’en est pas complètement. Avec une belle fin à la con. Une fin de punks, quoi. S’y ajoute le fait que Karim Berrouka écrit vraiment très bien. Dans un style assez parlé et plein de commentaires, mais j’ai vraiment beaucoup apprécié. Le fond autant que la forme donc. Si vous appréciez le n’importe quoi bien tourné et drôle, et que vous avez en plus au moins des petits bouts de culture punk ou assimilée, c’est vraiment une lecture qui vous fera passer une très bon moment.

 

030518_Desproges_PerrineIl y a eu, depuis sa mort, beaucoup de manières de retrouver Desproges, et rares ont été celles qui ont été satisfaisantes. Je pense en particulier aux livres d’hommage regroupant des textes et commentaires de personnes n’ayant finalement pas grand chose à dire de plus que “Je le connais bien, je lui ai touché la main” ; ou, pire, aux multiples reprises de ses textes mal jouées et mal dites par des acteurs et actrices variées. Ici, fort heureusement, il s’agit de tout autre chose, puisque c’est sa fille qui est à l’écriture et à la compilation, et qu’elle propose un portrait, en 300 et quelques pages, fin, riche et réussi. Un portrait à la fois professionnel, avec de nombreux textes, notes et autres éléments peu ou pas connus (enfin, il y a bien quelques classiques, mais ils sont à leur place) ; et personnel, avec des archives privées et des récits plus intimes (mais pas trop intimes non plus, on retrouve complètement la retenue et la distance qu’aurait pu avoir Desproges et c’est bien plaisant). Les illustrations et textes sont chouettes et variées. Et puis, surtout, les textes sont parfaits. C’est de l’orfèvrerie : des extraits d’interviews et de textes de Desproges tissés avec de petits rajouts pour leur donner une unité et une fluidité. Du coup, on a finalement plus l’impression de lire Desproges qu’un ouvrage le concernant. Et c’est du coup un pur plaisir que d’avoir aussi bien l’impression d’être en accord avec ce que Desproges aurait fait lui-même tout en en découvrant autant. De mon point de vue, c’est vraiment un sans faute. Et il y a de quoi s’occuper un bon moment, ce n’est pas un petit volume. Et c’est qui plus est assez dense. Donc, oui, si vous aimez Desproges, vous pouvez foncer sans la moindre hésitation.