Oui, oui, on est vraiment bien dans la merde…

https://academic.oup.com/bioscience/advance-article/doi/10.1093/biosci/biz088/5610806

https://www.theguardian.com/science/2019/sep/20/we-declare-our-support-for-extinction-rebellion-an-open-letter-from-australias-academics

 

Encore une bien bonne interview politique de Monique Pinçon-Charlot 🙂

https://www.frustrationlarevue.fr/on-est-face-a-un-etat-neo-liberal-au-service-exclusif-des-plus-riches-qui-a-fait-du-mensonge-son-seul-mode-de-communication-avec-le-peuple-entretien-avec-monique-pincon-charlot-partie-i/

 

Et tout le monde s’en fout : la laïcité. Efficace, court, à faire tourner :

https://www.youtube.com/watch?v=vWv6O6yz8Do

 

Halloween, poésie et banalité : c’est japonais 😀

http://www.slate.fr/story/183645/japon-deguisements-halloween-banalite-quotidien

 

Rire de tout, de tout le monde ? Ou pas…

https://www.chortle.co.uk/news/2019/10/09/44495/if_you_cant_make_jokes_without_hurting_people,_maybe_youre_no_good_at_it

 

Vous reprendrez bien un peu de masculinité toxique…

https://www.yesmagazine.org/peace-justice/white-masculinity-toxic-trauma-20190424

 

L’éducation au Rojava, une vraie stratégie politique :

https://theconversation.com/new-education-system-was-central-to-the-kurds-rojava-revolution-in-northern-syria-now-its-under-attack-125153

 

Limiter l’influence des lobbys, y a urgence, non ?

http://theconversation.com/comment-limiter-le-pouvoir-du-lobbying-aupres-des-politiques-125986

 

La constitution américaine est pleine de trous qui ouvrent la possibilité d’une belle dictature…

https://boingboing.net/2019/11/02/kurt-eichenwalds-twitter-thr.html

 

Pourquoi légiférer spécifiquement sur la reconnaissance faciale :

https://boingboing.net/2019/10/20/2-out-of-3.html

 

Rions avec l’Eglise Catholique : le chapelet connecté 😀

https://www.courrierinternational.com/article/technologie-le-chapelet-connecte-la-nouvelle-invention-du-vatican

 

Samuel Delany trouvait déjà Star Wars trop blanc et trop masculin en 77 😉

https://boingboing.net/2019/10/15/muppets-but-not-asians.html

 

Adeline de Lépinay sort un livre, ça devrait être bien, je vous en reparlerai 😀

https://www.education-populaire.fr/organisons-nous-le-livre/

 

Y en qui vont avoir envie de l’envoyer en réponse à des tas de mails professionnels 😀

http://yakafokon.detected.fr/

 

Allez, un peu de Juliette, toujours magistrale, pour finir en beauté :

https://www.youtube.com/watch?v=SyikhMxPUyQ

Outre sa productivité impressionnante, Sanderson dispose d’une autre qualité rare : il suscite des attentes assez démesurées et il y répond mieux que bien. En particulier dans cette série, avec ce troisième tome de 1400 pages (sur 10 annoncés, vous voyez l’ambiance…). Qui, donc, tient toutes ses promesses, et mieux que ça. Il tient toutes ses promesses parce qu’on y retrouve tout ce qui m’avait fait adorer les précédents : des personnages attachants, nombreux et aux psychologies fouillées (en particulier pour du med-fan, on y aborde en finesse dépression, troubles de la personnalité, estime de soi, etc.) ; un monde riche, dépaysant et épique ; de l’humour, et un rythme toujours soutenu qui rends difficile de reposer le bouquin (alors que, vu sa taille, on a besoin parce qu’on a mal aux bras). Donc question de tenir la qualité excellente des précédents : on y est et ce n’est pas rien. Mais c’est mieux que ça. D’une part parce que les révélations successives font mesurer à quel point Sanderson en a sous Le coude pour nous emmener sur dix tomes sans délayer ou laisser trainer mollement ses intrigues. Ça avance, ça monte en puissance, on découvre de nouvelles couches d’enjeux et de mystères. Et d’autre part, dans les révélations en question, il y en a de splendides en termes de renversement de perspective. Ce qui permet entre autre d’éviter tout simplisme moral. Je n’en dit pas plus à ce sujet mais bravo. Avec ce troisième tome, Sanderson me confirme que c’est son grand oeuvre et que tout ce qu’il a montré de maîtrise et d’idées est ici développé à encore plus grande ampleur. Si vous aimez les séries med fan géantes ambitieuses et qui tiennent leurs promesses, vous pouvez y aller allègrement.

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Récit ethnologique détaillé des grandes fêtes de l’hiver en pays Katash donc, par deux ethnologues et un photographe y ayant résidé jusqu’à être intégrés à la communauté. Il s’agit de la version livre, sérieuse et approfondie, de ce que j’avais découvert à travers la BD chroniquée précédemment et l’expo encore actuellement au Musée des Confluences (cf ci-dessous). Un peuple qui a donc maintenus vivantes et très peu transformées des traditions et rites remontant aux origines multi-millénaires de la civilisation indo-européennes et indo-aryenne. Et c’est en conséquence tout à fait fascinant, à double titre. D’abord quant au mode de vie d’une telle communauté et à l’importance donnée à son unité et sa cohésion. À travers en particulier l’injonction à dépenser tous ses excès de richesses au bénéfice de la communauté pour y gagner du prestige : une société de consumation et non de consommation. On y retrouve de forts échos des stratégies décrites notamment par Pierre Clastres pour éviter l’émergence du pouvoir d’un chef au profit d’une société acéphale qui est elle-même le pouvoir. Ensuite, c’est fascinant de ce que ça donne à voir, de manière épurée, de nos racines culturelles communes. En particulier pour ce qui est des rites de renouvellement cycliques de changement d’année (qu’on retrouve chez nous de pleins de manière et c’est rigolo). Et aussi pour ce qui est du rapport au pur et à l’impur et de comment ça fonde la justification moche de l’infériorité féminine. Oui, c’est fascinant et intéressant, mais ça donne pas envie d’en être surtout en tant que femme.. Pour moi qui en voulait plus que la BD et l’expo, c’est un livre qui fait bien le boulot et qui est accessoirement bien écrit et illustré de très belles photos.

Troisième élément de mon triptyque Katash donc : l’expo. Formellement, c’est une expo assez classique : surtout des photos aux textes explicatifs, plus quelques objets et enregistrements audio. Mais les photos sont magnifiques, vraiment, surtout en grand format bien éclairées. C’est une vraie plongée dans des ambiances et des personnages, encore amplifiée par les voix, chants et ambiances sonores Je ne sais pas si ça m’aurait autant touché sans avoir lu la BD, parce que les textes ne sont pas très longs mais je pense que c’est beau et intrigant de toutes façons pour peu que l’aspect ethnologie vous parle un minimum. Dans le même temps, et malgré la contrainte Olympe, on a réussi à faire le tour d’une autre expo, qui a été une très bonne surprise. Une exposition de chapeaux de toutes les cultures du monde, collectés par un passionné de coiffes de toutes sortes. Et vraiment de toutes sortes, c’est un foisonnement assez incroyable de formes, de matières, mais aussi de fonctions et d’usages. Un vrai tour du monde plein de surprises. Avec assez peu d’explications, mais assez pour situer et ne pas être trop frustrées. C’est de toutes façons d’abord une expo esthétique, et c’est l’orientation, tout à fait réussie, choisie pour la belle scénographie. Ça ne vaut sans doute pas Le déplacement si vous n’êtes pas maniaque de chapeaux, mais ça vaut largement le détour par contre.

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Or donc, voici le prix Hugo nouveau, avec une autrice qui a pour nom Robinette, j’adore 😉 C’est de la science-fiction, d’un style général assez classique : une histoire de la conquête spatiale uchronique. En gros, pour des raisons que je ne spoilerai pas : le monde se tourne activement vers l’espace dès les années 50. Avec des calculs à la main donc. Et de mains féminines puisque c’était une fonction et un métier féminin (les hommes, ils faisaient ingénieurs). Bon, il y a aussi des fiches perforées, un peu, pour ceux et celles qui aiment ça. Et la question de la place des femmes est carrément centrale ici puisqu’on y suit une narratrice mathématicienne et ancienne pilote de la Seconde Guerre mondiale, et qui a pour ambition de faire partie des premières astronautes (ce qui suppose qu’il y en ait, et qu’on ne les appelle pas des astronettes idéalement…). C’est chouette de ce point de là, et pensé et illustré finement. Avec également une prise en compte de la question raciale (USA, années 50, voyez…) et de la manière dont la narratrice, blanche, a du mal à la percevoir et doit apprendre par le biais de ses collègues de mathématiques et de vol. Donc question thèmes, très bien, ça fait franchement penser à Hidden Figures, excellent film historique sur le sujet. Question personnages et émotions, aussi, ça fonctionne vraiment bien. J’ai versé ma larme à plusieurs reprises, c’est touchant, avec des personnages crédibles et multidimensionnels. Jusque là, vraiment, on est dans un prix Hugo tout bon. J’ai eu un peu plus de mal avec la structure narrative. Enfin, ce n’est pas du tout mauvais, c’est juste très attendu et sans trop de surprises. Disons que si j’avais dû écrire les grandes lignes d’un récit de schéma classique dans ce contexte, j’aurais fait un truc comme ça en première intention. De mon point de vue, ça manque franchement de rebondissements, de surprises, d’un petit truc au moins qui fait dire que même si on sait où on va finir, on a quelques inattendus sur le trajet. Mais mon habitude de regarder les schémas narratifs et mon travail autour des parcours d’émancipation doivent aussi me rendre cette impression particulièrement forte. Parce que comme je disais : ce n’est pas mal fait du tout, c’est juste fait de manière attendue, et qui fonctionne. Et je pense que ce n’est pas une raison de ne pas le lire, parce que question thème historique, espace, émancipation, et personnages, c’est vraiment bien. (Mais ça montre que même dans les Hugos, il y a des vraies différences… genre j’ai eu du mal à ne pas comparer à Jemisin…)

081119_l-art-de-la-guerilla-social

J’aime beaucoup Saul Alinsky. Il a construit des modalités d’action émancipatrice importantes, drôles et structurées. Ce qui fait qu’il a un vrai enjeu à le diffuser, le faire connaître et le transmettre, que ce soit dans des réseaux militants ou professionnels. Mais Alinsky a un inconvénient : il n’écrit pas de manière i enthousiasmante que ça. Enfin, il raconte très bien ses actions, mais il a tendance à se perdre dans des grandes formulations un peu floues dès qu’il s’agit de parler plus largement du pourquoi. Du coup, il y a un vrai intérêt à disposer d’écrits de présentation et de vulgarisation d’Alinsky, avant ou au lieu de le lire directement. Je vous avais parlé il y a pas si longtemps d’une interview longue qui faisait ce boulot. Ici, il s’agit d’un petit livre de Fakir/Ruffin. Et c’est vraiment très bien foutu. C’est même le bouquin que je vais systématiquement recommander pour découvrir Alinsky. Après une petit intro sympa et cadrante, la première grande partie est l’introduction à la première édition française d’Alinsky par Jean Gouriou. Et c’est un texte excellent qui raconte ce que c’est sur les terrain, en vrai, la méthode Alinsky, avec quelques éclairages sur la manière dont s’est pensé. En une quarantaine de pages, on en sort avec une idée très claire et très motivante. La seconde partie vient compléter en proposant des extraits de textes d’Alinsky. Extraits très courts et très bien choisis qui donnent à comprendre l’essentiel des modes d’action et des grandes idées d’Alinsky. Mieux qu’en lisant ses textes plus long, j’en suis persuadé. Et la conclusion est une petite interview d’un chercheur par Ruffin, qui permet d’avoir un peu de recul critique et de mettre en lien les pratiques d’Alinsky avec des stratégies de transformation sociale plus larges. Donc, en une centaine de petites pages, le contrat est plus que bien rempli : c’est vraiment accessible, c’est rythmé et souvent drôle et la méthode d’Alinsky est même remise en contexte plus largement et questionnée. Du vrai bon boulot de journalisme/vulgarisation sur un sujet que je connais pas mal : je conseille tout court, et c’est excellent comme point d’entrée et outil de transmission.

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Ce petit (mais dense) manuel propose un balayage synthétique et solide des enjeux féministes. Et il fait bien le boulot de proposer une ressource compacte et efficace, pour celles et ceux qui veulent se former, ou approfondir, ou disposer de manière compilée d’un grand nombre d’arguments et de références. La première partie met à plat un certain nombre d’éléments de définition et de contexte. En partant du plus simple et en allant vers des contenus assez élaborés présentés de manière claire et efficace. Ce qui est le cas notamment des rapports             sociaux et rapports de domination, exercice pas facile et qui m’intéresse toujours beaucoup. C’est une partie que je recommanderai assez largement pour s’informer et se former, parce que je la trouve complète, facile d’accès et ambitieuse, en un nombre de pages tout à fait réduit. Et le style est agréable et vivant. La seconde partie passe en revue un certain nombre de mythes et arguments anti-féministes, pour mieux les contrer et les démonter. Chaque mythe est découpé en arguments spécifiques (et malheureusement tous trop de fois déjà entendus) et chacun de ces arguments se voit en réponse opposer un certain nombre d’arguments. Ces arguments sont à la fois théoriques, sur des questions de grilles de lecture et d’honnêteté intellectuelle, et factuelles, avec l’apport de nombreux éléments chiffrés et statistiques. Et cette partie là me semble très utile pour se défendre, pour argumenter et contre argumenter. Bien sur, elle sert aussi, à la lecture, à se former, et de manière efficace, mais je la trouve, du fait de sa forme, moins agréable à lire d’une traite. Pour autant, elle vaut le coup. Attention, par contre, c’est une autrice québécoise, et ses chiffres (comme les données historiques dans la première partie) concernent le Québec. Ce qui m’a intéressé à titre de comparaison, mais qui peut être frustrant quand on voudrait les chiffres français, notamment pour les utiliser dans un cadre éducatif. Après, ces chiffres se trouvent et peuvent globalement se calque sur la présentation de l’ouvrage. Au final, c’est un manuel que je trouve très utile, et tout à fait pratique à recommander et à transmettre. Pas forcément en point d’entrée, mais pour une deuxième étape efficace. Et j’en garde en bonus le version québécoise de mansplaining : mecsplication 🙂