-En restant dans les questions de coronavirus-

L’article que j’ai trouvé le meilleur sur les stratégies de distanciation :

https://www.washingtonpost.com/graphics/2020/world/corona-simulator/

Et là, quand même, c’est beaucoup (mais tellement moins que Trump en même temps…)

https://www.huffingtonpost.fr/entry/agnes-buzyn-livre-des-confessions-accablantes-sur-le-coronavirus_fr_5e70b8cec5b6eab7793c6642?

Et puis un éclairage scientifique récent :

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html

 

-A mi-chemin-

Richesse et moralité :

https://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/29/plus-on-est-riche-moins-on-a-de-morale-c-est-prouve_1649297_3244.html

Les inégalités au coeur du problème général :

https://scroll.in/article/952350/stop-blaming-population-growth-for-climate-change-the-real-culprit-is-wealth-inequality

Les assistés, et ceux qui nous aident pour de vrai en ce moment :

https://www.fakirpresse.info/cice-la-vraie-france-des-assistes

Un petit peu de dérive autoritaire pour finir :

https://www.travailleurs-sociaux-libres.fr/directive-du-ministere-il-est-desormais-interdit-aux-etudiants-du-travail-social-de-critiquer-la-politique-du-gouvernement

 

-Pour penser à autre chose-

Une initiative anti-censure que je trouve géniale :

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/03/12/contre-la-censure-en-ligne-rsf-batit-une-immense-bibliotheque-libre-dans-minecraft_6032832_4408996.html

Et une anti-copyrights pour le même prix 🙂

https://boingboing.net/2020/02/26/a-pair-of-musicians-recorded-e.html

Beaucoup beaucoup d’images libres de droit, du coup :

https://boingboing.net/2020/02/25/the-smithsonian-just-released.html

 

Incontournable Virginie Despentes !

https://www.liberation.fr/debats/2020/03/01/cesars-desormais-on-se-leve-et-on-se-barre_1780212

Et puis une réaction aux réactions :

https://www.huffingtonpost.fr/lea-domenach/cher-nicolas-bedos-il-y-a-une-revolte-des-femmes-et-vous-faites-partie-de-ceux-qui-ne-veulent-pas-voir-les-choses-bouger_a_23267834/

L’école de l’égalité, bravo Isabelle 🙂

https://egalite.ch/projets/lecole-de-legalite/

Et du coup, quelques réflexions sur l’éducation des petits garçons :

http://www.slate.fr/story/187230/education-positive-sexisme-petits-garcons-centre-univers-maitrise-emotions

 

Communautarisme ? Y en a dont on parle moins…

https://lahorde.samizdat.net/2020/02/20/civitas-ces-communautaristes-dextreme-droite-dont-on-ne-parle-pas/

 

Des mammouths, des bâtiments inattendus, l’archéologie, c’est toujours passionnant :

https://boingboing.net/2020/03/17/scientists-find-mysterious-ice.html

Et, donc, le plus communiste des hommes préhistoriques :

http://www.slate.fr/story/188277/longue-marx-rahan-fils-crao-andre-cheret-bande-dessinee-communisme

 

Et sinon, y en a qui n’ont pas peur du confinement, ils y étaient préparés 🙂

https://www.rockpapershotgun.com/2020/03/03/this-terrifying-gaming-bed-is-just-a-toilet-short-of-perfection/

 

Allez, un petit coup de Louise Michel, pour le plaisir :

https://rebellyon.info/Louise-Michel-et-le-drapeau-noir

 

La distance comme élément du vocabulaire amoureux :

https://psiloveyou.xyz/the-6th-love-language-89e699d6e66e

 

Et pour vous distraire en faisant des BDs avec les images de la BNF :

https://bdnf.bnf.fr/

180320_Randall Munroe How To

À ce jour, je trouve tout ce que fait Randall Munroe brillant, drôle et inégalé. Si vous ne connaissez pas encore xkcd, c’est incontournable (si vous aimez les sciences et l’humour de nerd très référencé, s’entend). How to est son dernier livre, dans lequel il explore les solutions Les plus absurdes à des problèmes basiques et quotidiens, mais en les argumentant dans le détail d’un point de vue scientifique. Ce qui est donc une excuse pour partir dans tous les sens et pour raconter des découvertes et recherches étonnantes, et pour appliquer des formules et résultats (en particulier en physique) à des données rigolotes en montrant que ça fonctionne quand même. Ce qui est du coup à la fois drôle (parce que décalé et drôle) et très instructif parce qu’on balaie plein plein de choses intéressantes. L’ensemble est parsemé d’illustrations et de mini-BDs toujours aussi minimalistes et qui me font toujours autant rire. Et on notera aussi les contributions de personnalités, certaines pour de vraies expertises scientifiques, d’autres pour leur bonne volonté à tester des idées idiotes (Serena Williams notamment). Comme d’habitude, c’est du très bon d’un bout à l’autre et c’est un plaisir à lire. Bon, pour chipoter, je dirais que je le trouve un peu plus dispersé et un peu moins incroyable que what if ?, son premier livre, mais bon, les deux restent dans le très très bon (et celui-ci a donc aussi des chances de se trouver en français dans pas si longtemps).

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Sous-titré, pour donner tout de suite une partie du propos : la véritable histoire de Libertalia. David Graeber est anthropologue et ne travaille pas seulement à l’anthropologie du capitalisme, mais aussi (ef d’abord, chronologiquement 😉 à celle de Madagascar. Il s’agit donc ici de l’édition au propre de son gros travail de recherche sur les communautés pirates intégrées progressivement à une des régions et peuples de la Grande Ile. Mélange de population et expérience politique et sociale jusque là sous-estimée (voire ignorée) et qui aurait crédiblement été à l’origine du mythe de l’utopie pirate de Libertalia (entièrement diffusée à partir de la version de Daniel Defoe). Le propos est en lui-même étonnant et passionnant : comment Les idéaux égalitaires et démocratiques des pirates (ainsi que leur mode de gouvernance) ont pu se transférer à la terre ferme et être incorporées à la culture locale (de manière complexe et activement menée non par les blancs mais par les malgaches); mais aussi comment la vision en a été faussée par les mensonges calculés des pirates (leur stratégie de propagande et de marketing en fait). Mais, et c’est l’autre aspect que j’ai beaucoup aimé, cette vision a aussi été faussée très logement par l’incapacité de l’anthropologie, pendant très longtemps, à considérer que des populations non-blanches puissent mener une réflexion politique et idéologique volontaire et innovatrice, sans suivre un grand leader blanc. En développant ces deux thèmes, Graeber expose une thèse sur ce qui s’est passé socialement et politiquement, et montre comment ça a pu être pionnier et inspirant. Brillamment, comme à son habitude, mais sur un registre plus classiquement universitaire et donc un peu moins léger et fluide que dans la plupart de ses autres écrits. Si la trilogie Pirate + Anarchisme + Madagascar vous tente, c’est vraiment bien.

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Voici donc les tomes 2 et 3 de Bartimaeus, qui viennent conclure cette trilogie (il y a un tome 4 mais à une tout autre période). Et question conclusion : c’en est une, qui tabasse plus que je n’attendais pour une série annoncée pour ados. Mais tant mieux, à tout point de vue. Et si c’est intitulé Bartimaeus, il y a en fait trois personnages principaux : Bartimaeus le Djinn, toujours narrateur et taquin, mais dont on découvre une vraie profondeur et une sensibilité (toujours très liée aux questions de l’esclavage et de l’altérité), Nathaniel, son jeune maître du premier tome, dont le parcours est moins attendu que je n’aurais parié (autour d’un dilemme entre ambition et humanité, d’attrait pour le pouvoir en bref), et donc Kitty qui est très en arrière-plan dans le premier mais qui devient centrale dans le second et le troisième, et qui suit un parcours d’émancipation et de révolte riche et mouvementé. Cet élargissement du casting et du propos m’a donné l’impression d’un second tome un peu long, mais comme c’est au final pour mettre en place de belles et ambitieuses trames pour la suite, ce n’est vraiment pas grave. Parce que, oui, le troisième est une vraie conclusion, et une conclusion qui ne se prive d’aucune ambition. Ce qui est très plaisant tout court, encore plus pour un jeune public, et encore plus avec un propos de fond qui est loin d’être anodin ou dépolitisé. Je ne compterais certes pas cette série dans mon best-of, mais c’est une lecture très agréable et recommandable

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Le prieuré de l’oranger (oui, il existe en français) est un gros roman de pure fantasy, avec une ambition de cycle épique classique. Qu’on m’avait conseillé parce qu’il sortait des sentiers battus en termes de genres et de sexualité. Ce qui est le cas : les deux histoires d’amour centrales sont Lesbiennes et gays. De manière assez naturelle et intégrée, dans un monde pas plus tolérant que le nôtre. Et ça, c’est chouette parce que ça change, et sans que ce soit le propos central. Non, le propos central, c’est de sauver le monde face à la résurgence des dragons maléfiques menés par leur maître emprisonné depuis mille ans. Et qui est tellement méchant qu’on l’appelle le Sans-Nom. C’est là que vous devez commencer à sentir que outre sa dimension inclusive, ce roman ne m’a pas beaucoup plu. Je dirais même qu’il m’a irrité plus que de raison. Certes, la fantasy, globalement, j’en ai ma dose et je suis difficile. Mais quand, comme ici, ça part avec de bonnes intentions et même des idées originales au niveau monde (avec un bémol : si vous connaissez 7th Sea (NdT : Le jeu de rôle Les Secrets de la 7ème Mer) ça ne va pas vous sembler si original), voire une mythologie de fond subversive et maline, je suis vraiment prêt à faire des efforts, à laisser passer des facilités de scénario et des approximations. Mais pas trop, quand même. Là, il y a deux aspects qui m’ont franchement bloqué : des personnages avec trop peu de profondeur et qui au final vont être ouvertes et raisonnables en moins de deux (notamment pour remettre en cause mille ans de tradition de manière radicale), on a du coup l’impression que tout le monde suit le scénario avec bonne volonté, ce qui est assez peu prenant. Bon, il y a une exception : la sorcière mystérieuse immortelle, qui elle se comporte de manière semi-absurde mais « elle est tellement âgée que nous ne pourrons jamais comprendre ses motivations » (dixit une personnage principale (et, oui, je trouve que c’est un peu foutage de gueule (ok, beaucoup))). Deuxième élément plombant : des trous dans le scénario que c’en est du gruyère (pardon, la Suisse, je sais, il n’y a pas de trous dans le vrai gruyère). Là encore, trop pour moi. Trop d’incohérences, de coïncidences inexpliquées et de trucs qui marchent parce que « ta gueule, c’est magique”. J’ai connu des scénario de JdR ou de GN plus solides et plus cohérents. Une majorité même. Bref, c’est un roman qui m’a au final gonflé, d’autant plus qu’il avait des aspects que je trouvais chouettes et motivants. Et il y en a, mais il faut sans doute trouver ces aspects très motivants, aimer beaucoup la fantasy et ne pas du tout chercher la petite bête sur la cohérence du scénario pour que vous ayez une chance de vraiment amer.

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Oui, j’ai acheté et lu cette BD sans être conscient qu’il s’agissait du troisième tome d’une série, mais ce n’est en rien un obstacle. Au contraire, je vais être ravi de me lancer dans les deux tomes précédents. Parce que c’est vraiment une BD que j’ai beaucoup aimée. C’est une BD qui propose un imaginaire post-capitaliste, un récit de la manière dont on pourrait radicalement passer à autre chose. Mais pas de manière linéaire ou sérieuse, avec beaucoup d’humour absurde et beaucoup de poésie. L’objectif n’est pas de proposer un récit ou une projection crédible mais de donner à penser à partir de petites graines de mythes et d’humour qui sont vraiment en rupture avec nos modes de pensée et d’argumentation enfermés dans des obligations de sérieux rationnel et comptable. Et pourtant, il y a du fond, vraiment. Ça parle de ce qu’il a à changer, de ce qui déconne, et bien. Et c’est drôle, en termes de forme. Que ce soient les mésanges fans de cocktails molotov, Trump qui prends des acides pendant que Macron exige qu’on le regarde nager ou l’anthropologue Jivaro qui essaie d’offrir ses sangliers à la fin du marché, c’est drôle, et de cette famille d’humour absurde qui révèle des enjeux profonds. Et, enfin, c’est beau. Entièrement en aquarelles, certaines très naturalistes, d’autres moins, mais toujours belles, douces et colorées. Avec peu de mouvement par rapport à de la BD classique, mais étant donné l’efficacité et le rythme du texte, ça ne m’a posé aucun problème. Comme je disais, j’ai vraiment beaucoup aimé, à tous points de vue. Je vais lire les précédents et je vous recommande de jeter un œil à celui-ci.

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Je suis fan du Mahabharata (le poème épique aux origines de la mythologie indienne, un des plus vieux de l’humanité, avec une version complète de quinze fois le volume de la Bible), ce n’est pas nouveau. Sous toutes ses formes, ou au moins celles qui me sont accessibles. Et celles-ci passent beaucoup par l’excellent boulot de traduction et d’adaptation de Jean-Claude Carrière (qui a notamment servi de base aux adaptations théâtro-cinématographiques de Peter Brook). Ici, sur la base de ce texte, c’est une magnifique et énorme adaptation en Bande Dessinée qui nous est proposée. Et je la trouve vraiment très réussie. D’un point de vue narratif, c’est certes dense mais c’est rythmé et on couvre toute l’histoire. Avec des raccourcis et les bizarreries du récit d’origine mais c’est très cohérent et efficace. Et les codes graphiques aident accessoirement à se repérer dans ce qui semble parfois un foutoir, généalogique notamment. Et j’aime vraiment bien le style graphique global, ses tons ocre et ses traits blancs très lumineux. Le rendu est à la fois traditionnel, voire mythique, et moderne, dynamique comme une BD actuelle. Certaines planches sont même carrément magnifiques et font de vrais tableaux, dans des styles d’ailleurs assez variés (mais sans donner du tout une impression incohérente en termes esthétiques). S’y ajoutent des moments d’humour et des personnages dont le design me plait beaucoup (en particulier Ganesha, mais je suis partial): Je trouve l’ensemble très réussi : autant en termes de fidélité au récit d’origine qu’en tant que BD avec son style et sa cohérence propre. J’ai donc beaucoup apprécié me replonger dans cet immense récit par cette nouvelle forme (et ça m’a donné très envie de revoir le film de Peter Brook). Accessoirement, si vous ne vous êtes jamais encore essayé au Mahabharata et à la mythologie indienne, c’est un format très adapté et facile d’accès, même à ça reste une très grosse BD.

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