Inattendu et très bien posé, un vrai texte politique populaire :

https://lundi.am/12-septembre-Marcel-Campion-roi-des-forains-appelle-a-bloquer-le-pays

 

Game of thrones au prisme de la théorie politique, ça fait de la bonne vulgarisation 😉

https://www.vox.com/culture/2017/8/28/16205048/game-of-thrones-season-7-cersei-daenerys-jon-snow

 

Vie sexuelle des femmes, politique et émancipation :

http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20170814.OBS3386/le-sexe-c-etait-bien-mieux-pour-les-femmes-sous-un-regime-communiste.html

 

“De bons présages” en série, quel bonheur, et quel casting !

http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-41306324

 

Comment la lecture générationnelle cache, entre autre, une lecture de classes :

http://insidestory.org.au/the-generation-game/

 

L’état d’urgence dans le droit commun, ça m’inquiète un (gros) poil…

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/26/etat-d-urgence-dans-le-droit-commun-les-enjeux-de-la-loi_5191447_4355770.html

 

Filmer Gauguin sans aucun recul sur la dimension pédophile, ça questionne, non ?

http://www.jeuneafrique.com/476091/societe/gauguin-voyage-de-tahiti-la-pedophilie-est-moins-grave-sous-les-tropiques/

 

Éducation populaire, monde associatif, ça sent un peu le cramé…

https://blogs.mediapart.fr/rouby-gilles/blog/180817/education-populaire-un-capital-social-en-voie-de-disparition

 

Les cadeaux fiscaux aux riches participent à la dette, quelle surprise !

https://reporterre.net/La-dette-de-la-France-resulte-des-cadeaux-fiscaux-fait-aux-riches-revele-une

 

Wauquiez gère la Région comme une raclure malhonnête, vous m’en voyez surpris…

https://www.capital.fr/economie-politique/artifices-comptables-open-de-tennis-cadeaux-aux-chasseurs-letrange-gestion-de-laurent-wauquiez-en-auvergne-rhone-alpes-1249465

 

Petite fable moderne : la théorie du ruisselement…

http://tempsreel.nouvelobs.com/edito/20170929.OBS5332/la-theorie-du-ruissellement-fable-des-annees-1980.html

 

Un peu long mais pas mal clair sur Macron, les journalistes, les rapports de classe.

http://blog.mondediplo.net/2017-10-03-Le-service-de-la-classe

 

Contre le harcèlement, la pédagogie The Rock 🙂

https://medium.com/@annevictoriaclark/the-rock-test-a-hack-for-men-who-dont-want-to-be-accused-of-sexual-harassment-73c45e0b49af

Publicités

071117_Black_company_chronicles

Si le contexte de cette trilogie (qui devient ensuite une série un peu fleuve) peut sembler au départ assez classique en termes de Fantasy, c’est en fait une impression assez trompeuse. D’une part parce que les intrigues relèvent largement plus de l’enquête, et surtout de la maneuvre politique que de quêtes héroïques ou d’opération de sauvetage du monde. D’autre part parce que l’échelle de narration est au niveau individuel, et d’individus pleins de doutes, d’humanité, et donc de difficultés, voire de traumas à faire face à un monde dans lequel ça bastonne, ça trucide, et éventuellement, au loin, ça fait de la magie du genre à réduire des populations à néant dans d’atroces souffrances. Ce qui est du coup un prisme que je trouve particulièrement intéressant pour explorer un monde de fantasy, d’autant plus en suivant les aventures d’une troupe de mercenaires qui n’ont pas non plus envie de n’être que de méchants, juste de survivre. De fait, les personnages sont très humains, on ne tombe pas dans le stéréotype héroïque, ni chez les gentils, ni au final, et c’est une bonne surprise, chez les méchants. Et on s’attache donc grandement aux personnages en question, qui ont de la profondeur et une réalité rare dans ce type d’univers. Au-delà de cette question de traitement, les scénarios sont très élaborés, riches et malins, avec moults rebondissements et finesses. Et l’écriture est vivante, agréable et pleine d’humour. Du coup, oui, j’aime vraiment beaucoup. En particulier, cette première trilogie (ici en un time, mais en trois volumes de poches français facilement trouvables également) constitue une unité scénaristique très cohérente, avec une belle conclusion (qui ouvre certes sur des suites, mais il y a une vraie césure) à tous points de vue.

071117_Black_company_South

Les suites de la compagnie noire, donc, puisqu’il restait des choses pas finies et un certain nombre de personnages dont on pouvait avoir envie de connaitre la suite. Et il y a de quoi faire, largement. Si vous aimez la première trilogie, vous avez toutes les chances d’apprécier ces suites, qui, même si elles renouvellent le type d’intrigues, de narration et d’environnement, restent dans le droit fil. Les trois livres regroupés dans The books of the South constituent une continuation et un bouclage de plein de choses de la première série, tout en y apportant de la nouveauté. Dans le style de narration pour certains livres, dans la découverte d’aspects vraiment nouveaux du monde pour d’autres. J’ai eu l’impression d’avoir pour la plus grande partie affaire à un super bonus de la première série qui clorait pas pas mal de choses laissées en suspens, et à une ouverture sur autre chose ensuite. De fait, les livres de The Return sont plus orientés, tout en gardant un lien dans certains personnages, vers une nouvelle direction en termes de scénario et d’enjeux. C’est un peu le “après la fin”. Et ça relance vraiment. Avec des moments bizarres, notamment en termes de narration pour un des livres, et une exploration de fantasy dans un cadre non-européen que j’ai trouvée très bienvenue. Et ces trois livres n’arrivent qu’à une semi-issue, puisqu’il y a encore une suite. Qui une fois de plus semble clore certains aspects mais pas d’autres, et il y aura donc sans doute encore une suite de suite. Quand on aime, c’est une bonne nouvelle, mais d’aucun-e-s pourraient trouver que cette absence de vraie fin définitive est lassante. Moi non, d’autant que je trouve ça très cohérent avec le fait de traiter des personnages humains, et non des stéréotypes, et donc des histoires qui n’ont pas une fin globale bien nette.

071117_Black_company_Return

071117_louisebryant

Je ne connaissais pas vraiment Louise Bryant, mais ce n’est pas n’importe qui. Militante socialiste américaine, elle part en Russie juste après la révolution de 1917 pour rendre compte honnêtement, en tant que journaliste, de ce qui s’y passe et comment. Il s’agit donc ici d’un recueil d’articles, tout à fait cohérent par ailleurs, racontant la révolution russe de première main. Sans essayer de faire de grands analyses politiques théoriques, mais avec un ancrage socialiste affirmé par contre. Et par une femme. Autant vous dire que c’est intéressant. Et plutôt facile à lire par ailleurs puisque chaque chapitre/article a son unité et son thème, et que l’ensemble suit un fil chronologique correspondant à son séjour. Y sont décrits bien sur les lieux et grands événements, notamment les assemblées politiques, mais également les conditions de vie et de déplacement au sein de la Russie. Et puis, et je dirais surtout, y sont décrit-e-s les grandes figures de ce premier temps de la révolution russe, alors que le pouvoir n’est pas encore centralisé, que les soviets y ont encore très largement leur place. Et cela donne une dimension très humaine et très concrète à cette révolution, avec des personnages qui, si ils et elles sont parfois admirables, n’en restent pas moins à une échelle très humaine et faillible. Accessoirement, ça fait aussi du bien de voir ce qui s’est mis en place avant que le sens politique ne se perde ensuite.

071117_Classes_sociales

J’aurais tendance à ne pas vous conseiller ce livre, tout en vous disant que je l’ai trouvé vraiment utile et que je l’ai lu rapidement et de manière concentrée. De fait, le sujet m’intéressait beaucoup puisqu’il s’agit d’un portrait actualisé et très documenté de ce que sont les classes sociales aujourd’hui en Europe. D’un point de vue professionnel, ça m’est très utile de pouvoir répondre sur ces questions : Y en-a-t’il encore des classes sociales ? Pourquoi on dit qu’il n’y a plus que des classes moyennes ? Et au niveau européen, qu’est-ce que ça change ? Et, de fait, j’y ai trouvé tout ce qu’il me fallait de ce point de vue là. Mais c’est assez chiant à lire. Enfin, les auteurs font des efforts, mais ça reste du texte de chercheurs du CNRS qui fait de la description sociologique à partir de données chiffrées internationales. Donc, non, ça ne se lit pas comme un roman. Maintenant, le positionnement assez clairement politique m’a aidé, et donne des éclairages moins froids et plus contextualisés, ce qui est vraiment bien. Je dirais donc que par rapport à ce qui est annoncé en termes de description et d’arguments quant à l’existence des classes sociales, leur importance et leur impact, le boulot est fait et bien fait. Par contre, le quatrième de couverture et l’intro annoncent un developpement en termes de perspectives de lutte et de mobilisation, à l’échelle des classes sociales européennes, et là, c’est court. Enfin : c’est pertinent et utile, mais ce n’est pas tellement développé ni surprenant. Oui, il faut reintroduire un discours et une lecture en termes de classe, et non, dans certains cas, la mondialisation ne rend pas ça simple. J’aurais bien aimé plus même si ce qui est apporté est solide et utile. Bref, à vous de voir, sinon, j’ai fait une sorte de fiche de lecture :

https://sebmots.wordpress.com/2017/11/15/les-classes-sociales-en-europe/

071117_Le-sur-vivant

Reinhold Messner est une légende de l’alpinisme, et de la montagne en général. Je vous dis ça, je ne suis pas spécialiste, mais quand même, il y a des parcours et des exploits qui restent indiscutables (les sommets de plus de 8000, en solo et sans oxygène également, traversée de l’antarctique, du désert de Gobi…). Dans ce livre, Messner ne raconte pas spécifiquement ses exploits, il l’a fait largement dans un certain nombre d’autres ouvrages. Ici, il raconte plutôt son parcours émotionnel, ses évolutions et sa philosophie. C’est chronologique mais relativement décousu, avec de petits chapitres thématisés par émotions. Et c’est raisonnablement bien écrit, sans que j’ai été particulièrement charmé par le style. Ceci étant, il y a plein de choses intéressantes. Sur la civilisation et le sens que Messner donne à son exploration de l’autonomie et de la survie en milieu extrême. Sur la construction de confiance et de l’individu. Sur la cohésion d’un groupe ou d’une société. Et puis, aussi, sur les relations de Messner avec les clubs alpins et un certain nombre d’alpinistes célèbres. Relations pour le moins tendues, voire franchement conflictuelles, dans des proportions qui ont visiblement laissé des traces pour Messner, qui, tout en disant qu’il ne veut plus en discuter, en parle beaucoup. Et il y a derrière tout ça non seulement des questions de personnalité, mais surtout des questions de classe sociale et d’ancrage politique. Parce que Messner est d’origine très rurale et se revendique anarchiste, et sa confrontation a un milieu de références différentes a été aussi un éclairage que j’ai trouvé très riche et intéressant.

071117_Mort_suspendue

Toujours dans la thématique montagne, mais là, c’est de la vraie aventure à suspense qui fait peur. Sans trop spoiler, il s’agit du récit, autobiographique, du parcours de deux alpinistes, en haute montagne, au Pérou. Pour la première d’un sommet, tous seuls loin de tout. Et non, ça ne se passe pas bien. Du tout. Et l’auteur s’en sort, puisqu’il écrit ce livre, mais on se demande bien pendant la plupart du bouquin comment il va survivre. C’est donc, au sens premier du terme, incroyable. Mais vrai. Et du coup, ça se lit vraiment d’une traite. Autant le premier tiers peut se lire de manière assez détendue, autant ensuite, ce n’est plus possible de le lâcher tant c’est tendu. Bon, le fait de savoir que ça finira “bien” soulage un peu, mais pas tant que ça. Parce que c’est bien écrit. C’est efficace et agréable à lire, et très prenant et émouvant sans sombrer dans le pathos ou en faire des caisses. Au contraire. Et cette relative sobriété est un atout, à mon sens, pour l’efficacité du récit. Si vous avez envie d’une histoire vraie incroyable, tendue et donc en partie terrifiante, ça me semble être un très bon choix. Accessoirement, il y a eu un film adapté de ce livre, intitulé Touching the void.