Quotas ou pas quotas ? Merci Isabelle 🙂

https://www.letelegramme.fr/omnisports/isabelle-collet-face-au-sexisme-le-quota-est-une-solution-decevante-mais-efficace-27-05-2022-13043864.php

Un petit résumé de l’anarcho-féminisme, pour découvrir :

http://www.slate.fr/story/227009/anarchisme-feminisme-politique-combat-histoire-mujeres-libres-lutte-patriarcat-capitalisme

Passionnant regard sociologique sur les diagnostics hpi et l’école, avec de la classe sociale dedans :

Alors que l’humanité, à la surprise, fait de la pédagogie :

https://www.google.com/amp/s/www.humanite.fr/vie-quotidienne/familles/parentalite-qu-est-ce-qu-un-enfant-haut-potentiel-751514%3famp

Et que les chercheurs apportent de la complexité :

https://theconversation.com/scientifiquement-les-hpi-nexistent-pas-184606

Colonialisme et réparations, des nouvelles de Belgique :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/06/08/en-rdc-le-roi-des-belges-exprime-ses-plus-profonds-regrets-pour-les-blessures-les-exactions-et-les-humiliations-causees-par-le-colonialisme_6129438_3212.html

Parce que je ne me lasse pas de cet impardonnable dernier zoo humain de France est que, bordel, des vétérinaires !

https://www.vice.com/fr/article/xgda34/le-village-de-bamboula-le-parc-ou-on-payait-pour-voir-des-noirs

Le toujours très bon boulot de l’observatoire des inégalités :

https://www.inegalites.fr/Donnees

Des utopies partout, ça fait du bien 😀

https://fabrique-des-utopies.familistere.com/intranet.php/D4

Sport et politique, oui, il ya des choses motivantes, que je ne connaissais pas !

https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_corinthiane?wprov=sfla1

Et la plus vieille plante du monde !

Un vrai moment de n’importe quoi musical !

Je suis une fille sans histoire est un petit livre reprenant un texte de conférence sur la narration, la sémiologie et le féminisme. Ça pourrait sembler chiant et ardu : c’est tellement l’inverse. C’est à la fois brillant, vif, très drôle et engagé. Je n’avais jamais lu Alice Zeniter, ben ça y est je suis amoureux. Le registre parlé lui permet un humour omniprésent, érudit mais moqueur et expliqué, un rythme et des formules efficaces autant que des exemples pas du tout académiques pour expliquer des choses très théoriques (genre, ouais, ça peut me servir de modèle). La première partie est centrée sur la narration et la fiction et convoque Aristote comme Ferdinand de Saussure, et c’est très bien vulgarisé. Ce qui pose les bases de la seconde partie : pourquoi ce sont toujours des histoires de mecs-qui-font-des-trucs ? Et en quoi ce schéma impacte toute notre culture en étant tout le temps dans nos têtes et nos fictions. Et donc, où on discute de fiction-parier avec Ursula Le Guin. Je le redis : c’est brillant et c’est vraiment drôle. Que vous vous intéressiez un peu à la fiction ou au féminisme, c’est vraiment à ne pas rater : vous passerez un très bon moment de lecture (trop court) et vous en garderez des idées importantes dans un coin de ta tête (ou plus).

Je vais essayer de vous parler de Koko, mais honnêtement rien ne vous en donnera une meilleure idée que ses images directement (ci-dessous ou directement sur le fil instagram tiens tiens bd). Parce que ce sont avant tout des images, ou des petites BD en quelques cases. Que je trouve absolument brillantes et hilarantes, pour la grande majorité. Pour deux raisons, qui sont à mon avis deux conditions pour apprécier, tout court. C’est politique et c’est très clairement du coté décolonial, féministe, lutte des classes. On blague avec Lordon, Usul et Rokhaya Diallo, pour résumer, et pas contre (même si on peut se moquer). Contre Bernard Arnault et Pascal Praud donc. Et si c’est vos valeurs et références, ça vous fera du bien autant qu’à moi de rigoler en connivence et de vous en sortir joyeusement renforcé-es et soutenu-es. Et c’est vraiment drôle, en tout cas si vous aimez les détournements idiots de culture populaire et surtout le sens du dialogue et de l’absurde qu’on retrouve par exemple chez fabcaro. La forme comme le fond marchent pleinement pour moi, donc : j’adore. Et accessoirement c’est joliment dessiné. Vous pouvez tester sur instagram mais la BD propose une sélection bienvenue et une belle mise en valeur. Un vrai coup de cœur.

Patrick Dewdney écrit vraiment très bien, c’est beau, poétique, fluide et rythmé sans pour autant en faire des caisses ou tomber dans un style ampoulé ou prétentieux. Ce qui fait que c’est un vrai plaisir à lire en se laissant porter par la musique de son écriture. Et embarquer dans un monde médiéval fantastique crédible (et très peu pourvu en fantastique pour le moment) et profond socialement. C’est un choix rare et que j’apprécie beaucoup : faire le récit d’un petit, d’un parti de rien socialement, qui n’est ni ne devient rapidement un héros brillant et reconnu et éventuellement choisi par le destin et les dieux. Ici, il est orphelin et si il va s’élever, ça va être très relatif comme progrès et se payer cher et pas tellement bien se finir (au point que, à force de répétition, j’ai trouvé la fin de ce tome un poil décourageante (mais en même temps, c’est le propos)). Sur le trajet de ces laborieuses péripéties, tout est prenant et engageant : les personnages, les intrigues, la culture et les étrangetés du monde. C’est bien construit et la splendide écriture donne vraiment vie à l’ ensemble. Et ça donne bien envie de voir ce que donne la suite de la trilogie, mais je vais la lire doucement, parce que ça se savoure et parce que ça implique et ça tord le ventre. A lire sans hésiter mais sans s’attendre à de l’escapisme léger et anodin.

Troisième volume pour la collection sur la table, pour continuer à explorer des thématiques autour de l’amour, de la sexualité et de l’égalité, toujours avec un regard nouveau et direct, toujours important. Ici, c’est Tal Madesta (précédemment Chloé Madesta, pour celleux qui comme moi gardent un souvenir marquant de son épisode du Cœur sur la table) qui s’attaque à l’injonction sociale au désir sexuel et à sa valorisation de principe. Il commence avec une partie assez traumatisante : son parcours familial puis amoureux et pourquoi ceux-ci l’ont amené à ce recul sur le sexe et le désir. Ce qu’il y raconte est important, mais aussi très dur et ça m’a arrêté un moment dans ma lecture. A partir de là, il poursuit une précieuse et riche réflexion de fond sur la place du désir et toutes les représentations qui y sont liées (et qui nous ont étées plus ou moins ouvertement transmises sous forme d’injonction). Ça fait réfléchir pour de vrai. Et enfin il ouvre des portes sur des alternatives à partir de témoignages de personnes et de collectifs qui expérimentent d’autres équilibres d’intimité, de lien et de plaisir, sans désir sexuel ou autrement. Ce qui est à la fois inspirant et rassurant comme traduction des réflexions précédentes. Encore une proposition passionnante et enrichissante dans cette belle collection, à lire en prenant le temps d’encaisser (surtout le début) et d’assimiler, mais clairement à lire de mon point de vue.

Pour commencer, félicitations amusées et admiratives à Camille Moreau pour avoir fait sa thèse en esthétique sur l’expérience de lecture de la littérature érotique. Et vu ce qu’elle en tire, elle n’a clairement pas perdu son temps. Il y a de la réflexion et du fond dans ce petit livre. Et tout autant de légèreté et de joie, voire de jubilation, et ça fait un équilibre des plus agréables (et des plus adaptés au sujet). Camille Moreau nous entraine donc dans une réflexion joyeuse (et incarnée, car elle parle aussi à partir de son expérience, de manière touchante et libre) sur l’amour, le désir et l’écriture érotique. Elle argumente pour l’érotisme, en ce qu’il permet de vivre le désir en conscience et en impliquant toustes comme sujets de désir (contrairement à la pornographie, pour faire (trop) simple). Et elle explore la manière dont la dimension narrative à une importance, aussi bien dans le désir et le fantasme que dans la relation à l’autre ou dans la transgression et la visée émancipatrice. Plein de questions intéressantes et abordées avec un enthousiasme communicatif, ce qui fait que je l’ai lu doucement pour penser au fur et à mesure à quoi en tirer. Et pour réfléchir aux questions de désir en général et à la manière de pouvoir construire et choisir du désir, avec une logique créative, je trouve ça concret et inspirant. Et si en plus vous êtes sensible à la narration et à l’écrit, ça peut nous plaire franchement.

Une histoire de la révolution russe, écrite par China Miéville, ça ressemble à une drôlement bonne idée puisqu’il est à la fois communiste (et fils de communistes) et un écrivain d’un talent incontestable. Le défi est considérable : raconter la révolution, et surtout l’année 1917 (ce qui est un bordel tout à fait démesuré à tous points de vue) de manière accessible à toustes et dans le même temps de manière agréable à lire. Et, oui,c’est complètement réussi. China Miéville réussit à rendre compréhensible les nombreuses factions politiques et leurs alliances, débats et affrontements (alors qu’il y a de quoi s’y perdre cent fois) tout en mettant en scène certain-es grand-es personnages. Personnages dont il réussit à la fois à brosser en quelques phrases des portraits vivants et touchants (et souvent drôles) et à ne pas transformer en acteurices héroiques ou moteurices de la révolution, en les montrant comme émergences d’un mouvement collectif. De manière générale, China Miéville fait une fois de plus la preuve de son exceptionnelle maîtrise de l’écriture, avec une concision admirable, un sens de la formule et un vrai humour. Avec tout ça, il donne à comprendre, mais aussi à vivre ces événements inédits et parfois assez incroyables (parce que notamment l’aveuglement hautain et conditionné de Nicolas II et son entourage sont difficiles à imaginer), avec autant d’enthousiasme que de recul critique. Ce qui lui permet de terminer sur un regard critique, et triste, sur les suites de la révolution, mais aussi sur de l’envie et de l’espoir pour aujourd’hui et demain (sans aucune naïveté). Un livre dense et riche que j’ai vraiment aimé.

On entend tout et surtout n’importe quoi sur les quartiers populaires (on parle bien ici des « quartiers », les grands ensembles stigmatisés des métropoles). Et j’aurais dit spontanément : oui, venant de la droite… bon ben je ne dirais plus vraiment ça, et ce n’est pas tellement réjouissant. Hacène Belmessous, que j’ai réalisé avoir déjà lu (sur l’ANRU, ce qui m’avait beaucoup frappé à l’époque), propose ici une relecture historique et politique de la construction, du peuplement et de la gestion de ces quartiers. Il le fait à partir d’une dizaine de quartiers emblématiques, ce qui lui a permis d’aller fouiller dans les archives locales et officielles Et il montre à quel point ces quartiers n’ont jamais été pensés pour leurs habitant-es (et encore moins avec), comme il montre les logiques excessivement racistes (de manière étonnamment explicite et assumée, même à gauche) de leur peuplement et de leur gestion. La responsabilité politique dans les difficultés actuelles est écrasante. La manière dont les revendications d’égalité devant l’Etat ont été récusées et mises au placard de la marche pour l’égalité à 2005 est terrifiante, comme ses conséquences. C’est un livre orienté mais argumenté, que je trouve juste et éclairant. Et qui est rédigé de manière agréable malgré la densité de contenus (mais c’est pas long). Par contre, sans surprise, c’est pas joyeux. Si les questions politiques autour des quartiers vous intéressent, il y a de quoi s’alimenter (et être en colère, aussi).

Bon, déjà, il faut admettre que c’est un beau titre, non ? Derrière se cache une étude sur un mouvement de pensée russe  étonnant : le cosmisme. Un mélange de pensée spirituelle englobante qui lie l’humain au cosmos (divin éventuellement) dans son entier avec la légitimité de le modifier et le faire sien ; et de pensée scientifique puisque c’est par là que l’humanité triomphera de la mort, peuplera les astres et maîtrisera le cosmos entier. Si ça ne semble pas bien fini de cuire, c’est que c’est le cas : c’est un courant ancien qui prend des formes différentes selon les périodes de l’histoire, avec des filiations parfois distendues que l’auteur recompose au mieux. Sachant qu’on trouve là-dedans des gens connus comme Tolstoï ou Tsiolkovski. Et des moins connus mais assez incroyables comme celui qui pendant la période soviétique se rajeunissait à coups de transfusions de jeunes hommes (visiblement, ça marchait bien jusqu’à tomber sur un tuberculeux pas détecté…). L’ensemble est vraiment étonnant, pour les personnages et les événements mais tout autant pour l’impact culturel global et les liens avec notamment le transhumanisme. Ce qui fait que ça se lit comme une enquête, et ça y ressemble d’ailleurs plus qu’à un travail d’historien détaillé. Honnêtement, juste pour la curiosité et la bizarrerie, je n’ai pas regretté.

Non, je ne me lasse pas de lire sur la Commune de Paris, bien au contraire. Surtout quand, comme ici, c’est à la fois avec un prisme enrichissant et agréablement écrit. Xavière Gauthier, qui a une vraie expertise du sujet, propose ici un focus sur l’implication des femmes dans la Commune. Elle commence par un très efficace et agréable résumé des événements et y met en lumière à la fois le rôle des femmes et les attaques honteuses qu’il leur a valu, avec en particulier la légende des pétroleuses (et autant dire que dans le contexte de l’époque, question sexisme, ça cogne dur). Ensuite, elle met en lumière une demi-douzaine de protagoniste marquantes avec leur biographies, leur rôle et, le cas échéant, des extraits de leurs récits (et quels écrits !). En conclusion, l’autrice revient sur les condamnations et les suites, et aussi sur l’inspiration que furent ces femmes. L’ensemble est écrit d’une manière que j’ai trouvée particulièrement aérée et vive. Avec le choix du coup d’un texte relativement court mais très accessible et facile à lire. Autrement dit : si vous cherchez quelque chose de très exhaustif et volumineux, c’est raté, mais si vous voulez une découverte motivante et réparatrice, c’est franchement réussi. Et c’est donc facile à partager et tout à fait inspirant.