Un jeu vidéo de papa gays qui fait du buzz 🙂

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/08/01/dream-daddy-pourquoi-un-jeu-video-de-papas-gay-est-en-train-de-devenir-le-succes-de-l-ete_5167533_4408996.html

 

Un peu plus sur la réalisatrice de Wonder Woman

http://boingboing.net/2017/08/01/punishing-punisher.html

 

Classique mais toujours efficace, Franck Lepage sur l’Education Populaire :

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEPAGE/17113

 

Et pour celles et ceux qui veulent se faire une bonne ludothèque à pas cher

https://www.shutupandsitdown.com/how-to-build-an-amazing-board-game-collection-for-10/

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230817_Come-as-You-Are

Emily Nagoski est ma nouvelle héroïne. Enfin, notre nouvelle héroïne, puisque c’est un livre qu’on a pris le temps de lire à deux (et, accessoirement, je vous conseille de tester la lecture à haute voix à deux, c’est chouette). Quand elle annonce que ce qu’elle présente ici peut transformer votre vie sexuelle, elle ne rigole pas. Après dix ans d’expérience de conseillère et éducatrice sur la sexualité (et un doctorat, un master, et un tas d’autres spécialisations annexes), elle compile ici l’essentiel de ce qu’elle a appris. Et au delà de son expérience concrète (qui a beaucoup d’importance, et qui se voit notamment dans les récits de patientes dont elle émaille ses chapitres, de manière très pertinente et éclairante), elle s’appuie sur beaucoup de recherches récentes, en sexologie, psychologie et neuro. Et elle cite ses sources sérieusement, ce qui fait une biblio foisonnante et pas mal motivante. Parce qu’il ne s’agit pas du tout d’un énième kamasutra, tout au contraire. Après une partie, essentielle mais courte, pour rappeler quelques élements de physiologie, ce à quoi on s’intéresse est surtout du ressort de la psychologie. Et du désir en particulier. Mais avec des détours essentiels par la gestion du stress, les messages culturels et moraux dont nous sommes pétris (et la spécificité de ceux destinés aux femmes et de leur éducation), et la gestion des émotions en général. Ce qui en fait à mon sens un bouquin incontournable et essentiel. Plus spécifiquement : si ce contenu était la base d’éducation de tout le monde, ben le monde irait déjà terriblement mieux. Notamment parce qu’elle bat en brèche un nombre considérable de fausses idées très répandues et que ça fait une différence massive. Accessoirement, c’est très déculpabilisant, très concret aussi dans ce qu’on peut en appliquer et en retirer directement, à court et à plus long terme (avec même des feuilles d’exercice pour prendre le temps de réfléchir à son cas en regard de ce qu’elle raconte). Et même si ce n’est pas pour l’aspect sexuel, ce qu’elle propose comme résumé et comme pistes de gestion des émotions mériterait une lecture pour tout le monde. Avec tout ça, elle vulgarise avec beaucoup de talent et avec beaucoup d’humour des choses pas forcément simples, donc la forme est tout à fait au niveau du contenu. C’est-à-dire excellente. Comme je le disais, c’est passé directement dans ma liste de lectures incontournables.

Elle n’est malheureusement pas encore traduite, mais elle a un blog : http://www.thedirtynormal.com/

230817_Mahabharata

Oui, ça peut sembler étrange de mettre un nom d’auteure pour le Mahabharata. Mais c’est ici complètement justifié étant donné la qualité et la quantité démesurée du travail réalisé. Pour mémoire, le Mahabharata est le grand récit mythologique de l’Inde, composé de dix-huit livres et considéré comme le cinquième livre sacré de l’hindouisme après les Vedas. Un monument donc. Il s’agit ici d’une version résumée (il faut pour réciter oralement l’ensemble de l’original sanskrit autour de trois mois) mais ça reste un beau morceau. Traduit en anglais donc, et dans une nouvelle traduction qui vise à retrouver la dimension poétique aussi bien que la dimension mythologique et narrative de l’original. Certes, je n’ai pas lu l’original, mais je trouve que question poésie, c’est franchement réussi. Et passablement impressionnant au vu de la taille du texte. C’est du vers libre anglais, donc sans nécessairement de rime, mais avec un rythme et une musique très réussis. Et c’est donc une très belle manière de découvrir une fresque mythologique exceptionnelle. On y trouve de tout, et même, selon le texte, tout ce qui mérite d’être discuté et réfléchi tout court. Fondamentalement, c’est l’histoire de la famille des Bharatas, au sein de laquelle deux fratries vont être amenées à s’affronter et vont par ce biais fonder le monde tel qu’il est aujourd’hui. Enfin, dans la perspective de l’Inde traditionnelle, s’entend. C’est donc plein de batailles, certes, mais surtout de personnages et de récits foisonnants et emboités les uns dans les autres. Il y a une vraie dimension labyrinthique, mais dans laquelle on réussit quand même à se retrouver. Et puis, le destin de tous ces personnages est conditionné par le Dharma et les influences divines. C’est donc aussi un récit de sagesse et de spiritualité, de réflexions profondes sur l’existence (la Baghavad Gita, pour ceux et celle qui situent, est un chapitre du Mahabharata par exemple). On peut donc y trouver avec bonheur tout ça, ainsi bien sur qu’un dépaysement certain et une découverte des racines de la pensée indienne. Etant fan de la version théatro-filmique de Peter Brook depuis longtemps, je suis très content d’avoir enfin lu une version texte, et tout particulièrement celle-ci que j’ai trouvée très réussie.

230817_Libertarias

Un ouvrage thématique, une fois de plus, qui est, comme souvent, une compilation de contribution différentes sous forme de chapitres/articles. Tous autour du rôle des femmes pendant la guerre civile espagnole, en débordant d’ailleurs aussi sur ce qu’elles sont devenues après. Et il y a du boulot, tant les femmes ont été oubliées dans la plupart des histoires plus ou moins officielles de cette période (comme quoi, si vous en doutiez encore, même dans les milieux libertaires/progressistes, il y a encore pas mal de chemin pour arriver à l’égalité). On y découvre donc, selon les articles, à la fois des parcours individuels (passablement impressionnants d’engagement), et des récits plus collectifs et plus thématiques. J’ai en particulier apprécié le récit de Mujeres Libres, un magazine féministe autonome qui a duré assez longtemps, et dans lequel on trouvait beaucoup de choses intéressantes. Les approches éducatives testées et développées par ce collectif m’ont particulièrement intéressé, tant je ne les avais que rarement vues citées ailleurs. En plus de tous ces contenus, le livre compte également un grand nombre de photos et d’affiches d’époque, ce qui est là aussi, très bienvenu, et très touchant quand on s’intéresse à ces événements.

230817_Rad_dad

Rad dad est un fanzine, qui a quelques années maintenant, qui se propose d’explorer la paternité avec un regard conscient et réflexif, en particulier sur les questions de classe, race et sexe. Cet ouvrage est une compilation d’articles divers issus de ce magazine. Ce sont des articles courts, bien écrits, et très ancrés dans le vécu de leurs auteurs, rarement sur un registre théorisant ou détaché. Et tant mieux, c’est ce qui donne une vitalité et une pertinence particulière à l’ensemble. Et qui évite aussi très largement de faire donneur de leçons : on est dans le questionnement partagé. Bien informé souvent, certes, mais dans le questionnement. Etant donné la taille des articles, il y en a beaucoup, et ils méritent tous de s’y attendre et de réfléchir à ce qu’ils racontent. Et ils racontent : les interrogations quant à la paternité puis l’éducation dans un monde dans lequel les inégalités et les discriminations sont nombreuses. Qu’en faire donc avec des enfants, directement concernés ou non ? Comment aborder ces questions, dans son comportement comme dans ses discours ? Et faire face à des comportements racistes, sexistes, classistes ? Avec des éclairages venant de familles de tous types : LGBT, d’origines ethniques différentes et racisées ou non, de classes sociales différentes, et éventuellement mélangées ou mobiles. Des éclairages aussi sur la relation aux médias et à la société de consommation. Bref, plein de bonnes choses. Et ça fait du bien de lire des choses sur la parentalité qui soient à la fois réfléchies et très ancrée dans une conscience politique qui me parle largement.

230817_Abominable

J’aime beaucoup Dan Simmons, et je suis admiratif de sa technique d’écriture et de narration, mais il faut bien reconnaître qu’il y a du bon et du moins bon. Pour The Abominable, de mon point de vue, on est plutôt dans le moins bon. Alors certes, du moins bon Dan Simmons, ça se lit quand même bien et on y trouve des choses agréables, voire marquantes, mais ça n’a pas la dimension marquante et parfaitement calée de ses meilleurs (Hypérion, Olympos, Les fils de ténèbres, par exemple). Ici, on suit des alpinistes. Enfin, surtout un, avec un intro classique du genre “j’ai récupéré un vrai manuscrit et je le publie” qui a beau être très bateau, est très bien réalisée et amenée. Et ces alpinistes vont, en 1924, entreprendre l’ascension de l’Everest. A l’époque, les quelques grandes expéditions anglaises ont échoué, notamment celle de Mallory, juste au début du bouquin. Et tous les passages concernant la montagne, les difficultés de ces altitudes et globalement les questions techniques m’ont passionné. Et le fait est que ça occupe les deux tiers du bouquin, donc oui, il y a des choses que j’ai vraiment apprécié. Pour le dernier tiers, moins. D’ailleurs, attention : SPOILERS. Est plutôt annoncée une histoire d’abominable homme des neiges. Ce qui est très classique, mais connaissant Simmons, je me disais que pourquoi pas. Sauf que non, pas du tout, c’est une feinte, c’est au final beaucoup plus terre-à-terre, et montagnard, et politique. Mais d’une manière que je n’ai pas trouvée tellement prenante ou convaincante. Un peu facile en fait. Ce qui amène à une fin honnête mais là encore, un peu facile, un peu rapide et qui tombe en partie à plat de mon point de vue. Du coup, au final, j’aurais préféré qu’on en reste à la montagne, voire aux yetis.

230817_Into_thin_air

Ayant envie d’en lire plus sur des aventures himalayennes, j’ai suivi les bons conseils de mon papa et j’ai lu Jon Krakauer (qui est également l’auteur de Into the wild). Et c’est vraiment passionnant. Pas réjouissant, mais il est difficile de lâcher le bouquin une fois qu’on est dedans. D’une part parce que c’est une histoire vraie avec un suspense terrible, d’autre part parce que c’est fascinant et à la limite de l’incroyable. Jon Krakauer est journaliste et écrivain, mais aussi fervent amateur de montagne et d’alpinisme. Et le magazine Outside lui a proposé en 1996 de rejoindre une expédition commerciale pour faire l’ascension de l’Everest. Avec le meilleur guide de l’époque, et une équipe de clients prêts à payer cher pour faire l’ascension, malgré des compétences d’alpinistes pas nécessairement au niveau. Enfin, certainement pas au niveau pour le faire de manière autonome, mais avec un guide qui leur garantissait que c’était possible en le faisant avec lui. Et il raconte comment ça s’est passé. Et ça s’est mal passé. Ce qui fait qu’on a à la fois la dimension de découverte de ces expéditions qui se confrontent tout de même à des conditions absolument extrêmes, ce qui est en soi fascinant, et une dimension de suspense, et presque d’enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé qui a fait que ça a tant merdé (on sait dès le tout début que ça a mal fini, d’où le fait que je me permette de spoiler). C’est dramatique, au final, comme récit, comme aventure, mais c’est scotchant. Et c’est écrit de manière efficace et directe, tout à fait agréable à lire. Et c’est une histoire qui reste en tête. Si vous êtes un tant soit peu curieux-se de ce genre de conditions extrêmes, je recommande fortement.