Commençons beau et léger avec un Dalek victorien :

http://www.tor.com/2016/10/21/this-stained-glass-dalek-is-the-most-beautiful-villain-in-all-of-doctor-who-dom/#more-231569

Ségrégation et discrimination, une perspective à long terme :

http://boingboing.net/2016/09/19/how-america-abandoned-the-only.html

Et d’ailleurs, oui, des discriminations, même l’état les voit😉

http://www.lemonde.fr/emploi/article/2016/09/19/le-defenseur-des-droits-s-inquiete-des-discriminations-a-l-emploi-pour-les-personnes-d-origine-etrangere_4999889_1698637.html

Jusque là, pas de surprise sur les liens entre Corse et jeux d’argent😉

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/09/20/les-corses-champions-des-jeux-d-argent_5000381_3224.html

Oui, on peignait avec de la poudre de momies, c’est la classe !

http://boingboing.net/2016/09/20/great-works-of-16th-20th-centu.html

Ces connards qui nous vendent des médicaments…

http://boingboing.net/2015/09/21/hedge-fund-manager-buys-drug-c.html

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/18/le-poids-enorme-des-perturbateurs-endocriniens-sur-l-economie-americaine_5015389_3244.html

La sous-représentation des ouvriers en politique, là encore, ça n’avance pas :

http://www.lemonde.fr/la-france-ouvriere/article/2016/09/27/la-sous-representation-des-ouvriers-dans-la-classe-politique-pose-un-probleme-democratique_5004336_4939473.html

Ecrire de manière moins sexiste, quelques pistes :

http://www.page-seauton.com/guide-a-lusage-des-auteurs-qui-ecrivent-des-livres-sexistes-mais-qui-font-pas-expres/

Et sur le même sujet, rendre visible et témoigner :

http://rue89.nouvelobs.com/2016/10/23/contre-sexisme-tumblr-les-femmes-temoignent-265473

La gamification et ses dérives, un de mes sujets de réflexion :

http://smartattitude.ouihop.com/smart-attitude/smart-mobilite/gamification-dans-les-transports/

A défaut d’y mettre Chirac, on pourrait mettre quelques banquiers en prison nous aussi :

https://susauxbanques.wordpress.com/2016/10/12/neuf-gros-banquiers-islandais-ecopent-jusqua-46-ans-de-prison-personne-nen-parle-en-france/

Oui, alors, quand on commence à prendre des leçons, justifiées, de démocratie de la part de la conférence des évêques de France, ça pose question, non…

http://www.liberation.fr/france/2016/10/13/messieurs-les-eveques-la-republique-vous-remercie_1521811

Un petit Storify sur le buzz autour de Céline Alvarez :

https://storify.com/debatdecole/j-ai-lu-celine-alvarez

Oui, parlons de la place des humains dans Star Trek, pour ne pas déprimer😉

http://www.tor.com/2016/10/17/the-answer-to-why-humans-are-so-central-in-star-trek/#more-230984

Et pour les geeks qui veulent se mettre au Tai Chi, une forme magnifique !

http://boingboing.net/2016/10/05/sci-chi-tai-chi-for-science-f.html

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Méréana est une jeune femme africaine, contrainte temporairement de travailler à casser des cailloux au bord du fleuve. Elle en fait des graviers, qu’elle vend ensuite, comme ses collègues, en sacs, à des entreprises de construction. Lorsqu’elle apprend que les prix s’envolent depuis que le président a décidé de faire construire un nouvel aéroport, elle propose au groupe de femmes d’augmenter leur tarif en conséquence. Et ce ne sera pas, justement, sans conséquences. Un jour nouveau se lèvera sur cette décision, et un collectif va se souder et s’affronter aux logiques de pouvoir de leur pays. C’est un roman sur un thème tout à fait sérieux, voire grave, mais c’est un roman joyeux, énergique, qui donne envie. Ce n’est pas un conte de fée, au contraire, c’est très fin et réaliste dans ce que ça décrit de la place des femmes et du fonctionnement de la société. Et c’est très bien écrit, avec un style qui m’a vraiment plu, du rythme, de l’émotion, et, donc, beaucoup d’humour. Une belle histoire de lutte, qui part de tout en bas pour arriver assez haut. C’est un roman qu’on ne lache plus une fois qu’on est entré dedans, un roman dans lequel on s’attache aux personnages, nombreux, et à leurs histoires. On ne peut qu’admirer ces femmes en lutte et avoir envie de les voir aboutir. Vraiment une lecture que je vous recommande.

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Jim Butcher fait une nouvelle infidélité à Dresden en se lançant dans une nouvelle série de Steampunk. Et, autant j’ai pris plaisir à lire ce roman, autant j’aurais largement préféré qu’il écrive son Dresden Files annuel, parce que tout de même, ça commence à durer. Mais bon, parlons plutôt de The Aeronaut’s windlass. Pour être bref, c’est du steampunk, du vrai, avec tous les clichés et les passages attendus, avec donc tout ce que ça peut avoir de drôle et de coloré, mais aussi avec tout ce que ça a, justement, de cliché et de répétitif. Alors, certes, c’est un monde post-apocalyptique, avec visiblement quelques idées derrière sur les dessous de l’apocalypse et les enjeux cosmiques qu’on commence seulement à effleurer dans ce premier tome et qui feront, certainement, le coeur de la suite, mais ça ne suffit pas vraiment à en faire quelque chose de très original. Certes, j’ai confiance en Butcher pour que ce ne soit pas au final complètement bateau, mais n’empêche, ça ne s’annonce quand même pas révolutionnaire, en tout cas pour ce qu’on en perçoit dans ce premier tome. Et pour le reste, c’est assez classique, avec des bonnes manières victoriennes, des oppositions de classe, des vaisseaux volants, des capitaines pas tout à fait pirates parce qu’ils ont bon fond mais quand même un peu anti-establishment, des mystiques de l’ether à moitié fou, et des chats qui parlent. Oui, oui, des chats qui parlent, ce qui n’est pas si anecdotique dans le récit d’ailleurs. Donc c’est amusant, et Butcher écrit toujours bien, avec des personnages colorés et beaucoup de rythme, mais ça reste du steampunk assez classique. Si vous aimez le steampunk, vous pouvez donc y aller les yeux fermés, et si ce n’est pas le cas, je ne suis pas sur que ça suffise à vous convaincre. Personnellement, j’en sors amusé et distrait mais quand même assez mitigé.

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Il y a toujours chez Neil Gaiman une forme de poésie et de flottement que je qualifierais facilement d’enfantine. Une facilité à retrouver une douceur et une naïveté, un regard sur le monde à la fois très optimiste et très cruel dans la mesure où cette naïveté et cette douceur se confrontent au monde tel qu’il est et aux gens tels qu’ils sont. Dans The Ocean, non seulement on retrouve ces éléments, mais ils sont mis en scène bien plus directement et bien plus explicitement que dans la plupart de ses autres romans. C’est en effet un roman d’enfance, qui est autobiographique sans l’être du tout, une plongée dans une manière de penser l’enfance et son rapport au magique, au merveilleux, à l’ailleurs d’un monde qui reste à découvrir. Le narrateur revient effectivement sur les lieux de son enfance pour se rappeler d’une aventure magique et fantastique qui l’a défini. C’est très joli, très doux, mais aussi cruel. Il y a quelque chose d’universel dans cette manière de vivre l’enfance, même si l’histoire est spécifique. C’est un beau roman, un peu flottant, nostalgique et tout à fait prenant.

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Encore un bouquin de Pratchett réservé aux fans de l’auteur puisqu’il s’agit d’une compilation de ses écrits hors-fiction. Donc principalement d’articles, de discours et de courriers piochés dans l’ensemble de sa carrière d’écrivain (et même un peu avant pour les plus anciens). Pas de bonus avec les personnages du disque-monde ou quoi que ce soit de ce genre, donc. Mais pour autant, il y a vraiment de quoi y prendre plaisir, et encore plus de quoi réfléchir. Parce que Pratchett était quand même quelqu’un qui réfléchissait, et qui avait des choses à raconter, c’est le moins qu’on puisse dire. L’ensemble de ces petits textes est organisé en différentes chapitres thématiques, qui n’ont rien de surprenant, mais qui permettent d’avoir une cohérence bienvenue. On y trouvera comme toujours de beaux passages humanistes mais pas niais du tout, des moments amusants et flippants notamment concernant les centrales nucléaires (Pratchett a été responsable de la communication de centrales anglaises avant de vivre de l’écriture), bien sur pas mal de choses sur l’écriture elle-même, mais aussi sur les tournées de dédicaces et la vie d’un auteur sur la route, et enfin, et ce n’est pas le moins intéressant, même si ce n’est pas le plus joyeux, de nombreuses considérations sur sa maladie et surtout sur le fait de choisir sa mort, et donc sur la place du suicide médicalement assisté dans nos sociétés. Tout cela est bien sur bien écrit et vivant, et pour le coup, ça donne à réfléchir. Donc, quand on est fan de Pratchett, il n’y a absolument pas de quoi hésiter.  

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J’avais vu le film, par le Studio Ghibli, mais j’ai donc découvert qu’il y avait derrière un roman de Diana Wynne Jones. Et, oui, le fim est une adaptation assez fidèle du roman. Roman pour jeune lecteurs par ailleurs, donc l’ambiance est vraiment raccord avec l’impression laissée par le film. Certes, tout n’est pas exactement semblable, et il y a certainement un peu plus de profondeur dans les personnages et les détours de scénario dans le roman, mais on se sent pour le coup vraiment dans le même univers. Je dirais même que, ayant vu le film, il est difficile de ne pas se représenter les personnages comme ceux de Miyazaki. Mais ce n’est pas une mauvaise chose. D’autant que c’est très agréable à lire. C’est même assez léger à lire, en termes de style, plutôt dans une ambiance de conte très créatif et fourmillant d’idées et de références. Ce qui peut donner une impression très flottante, tant les lieux, les personnages, les pays ne sont pas nécessairement reliés entre eux. Et, de la même manière, l’évolution de l’histoire relève plus du conte que du roman classique en termes de progression et de logique. Mais ça fonctionne tout à fait. Et ça rend tout à fait logique le fait que ça ait été adapté par Miyazaki, tant leurs univers et leurs modes narratifs se ressemblent. Et, accessoirement, le personnage de Howl est bien plus complexe et intéressant que ce qu’on en attend au début. Il y a des suites, mais je ne sais pas si je les lirais. Maintenant, si vous êtes fan de Miyazaki, je pense qu’il faut vraiment essayer au moins ce roman.

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Quelle place faisons-nous encore au conflit dans nos sociétés occidentales ? Plus ou moins aucune, si on y regarde un peu attentivement. Le conflit est gommé, nié, ou ramené à une opposition violente entre une norme omniprésente et forcément positive et un extérieur menaçant et ennemi dès qu’il ne partage pas un socle de valeurs et de comportements assez mal définis mais indiscutables. Dans cet essai, les auteurs proposent justement de se questionner sur la place et même la nécessité de faire une place aux conflits pour qu’une société fonctionne. Ils montrent très bien comment le refoulement du conflit ne peut que faire naitre plus de violence et de frustration, comment justement ce déni du conflit est une maladie propre à nos sociétés lissées et libérales. Le fond du propos est donc passionnant et à mon sens essentiel si on veut penser le politique et le social de manière efficace et avec une place pour tous. La forme est relativement digeste, et en tout cas convaincante. Je mettrais à titre personnel un petit bémol : certains passages plongeant trop directement dans du vocabulaire philosophique ou psychanalytique m’ont donné plus de mal et sont finalement assez difficile à assimiler si on n’est pas déjà un peu à l’aise avec ces champs théoriques. Ce qui ne retire rien à l’intérêt de l’ensemble, mais il faut je pense s’autoriser à ne pas s’embourber dans ces quelques passages si on n’est pas armé pour. Outre ce bémol, donc, c’est vraiment un livre qui m’a fait réfléchir et me repositionner sur certains aspects de ma pratique professionnelle et de mon positionnement politique concret. Si le sujet vous intéresse, c’est vraiment utile, sachant qu’on trouve également des interviews vidéos des auteurs pour aborder le contenu sans forcément lire le livre lui-même.