Nolife s’arrête, et je suis bien triste, c’était ma meilleure chaine de télé…

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/04/01/game-over-pour-nolife-la-chaine-du-jeu-video-et-des-cultures-japonaises_5279424_4408996.html

 

Un article passionnant sur la sécession des élites, dans le Figaro ! (Dont je suis en train de lire le livre dont auquel qu’ui causent, que ce sera dans la prochaine chronique)

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-est-en-train-d-etre-abolie-par-coralie-delaume.php

 

Faut-il détruire les écoles de commerce ? J’avais déjà mon avis avant 😉

http://www.slate.fr/story/161002/detruire-ecoles-commerce

 

La police falsifie des dates de naissance, non mais tout va bien…

https://amp.theguardian.com/world/2018/apr/12/french-police-accused-of-falsifying-migrant-childrens-birth-dates?

 

Une belle démarche en cours avec notamment des collègues brillants 😉

http://protectionsocialesolidaire.org/

 

Les habits neufs de la virilité :

http://www.slate.fr/story/157855/hommes-mythe-virilite-masculinite-male-alpha-transformation-mutation#

 

Bourdieu sur la place des chercheurs dans les mouvements sociaux, toujours juste :

https://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/BOURDIEU/8602

 

Une coopérative d’habitants plutôt qu’une maison de retraite, la classe :

https://www.see-life.fr/pour-ne-jamais-aller-en-maison-de-retraite-ces-seniors-ont-bati-leur-cooperative-dhabitants/

 

Stéréotypes racistes dans les visuels de jeu de société, ça m’a parlé, on se demande pourquoi : http://theconversation.com/the-hidden-history-of-indigenous-stereotypes-in-tabletop-games-95631

 

Et puis stéréotypes machistes dans les jeux vidéos, tant qu’on y est 😉

https://www.rockpapershotgun.com/2018/04/08/lets-play-male-protagonist-bingo/

 

Et le plus vieux jeu de plateau du monde, pour finir sur ce thème :

https://boingboing.net/2018/04/05/watch-the-worlds-oldest-boar.html

 

Comment débattre avec les défenseurs de la Terre Plate ? Spéciale dédicace à Alexis

https://theconversation.com/how-to-reason-with-flat-earthers-it-may-not-help-though-95160

 

Geneviéve de Fontenay chante l’Internationale avec Philippot… J’ai ri 🙂

https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/23/genevieve-de-fontenay-entonne-linternationale-avec-florian-philippot-contre-macron_a_23417811/

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030518_Berrouka_Punks

Bon, le titre annonce la couleur, non ? Mais il n’annonce pas nécessairement à quel point c’est drôle. Et à quel point c’est référencé. De fait, Karim Berrouka est la chanteur de Ludwig 88, autant dire que question punks, il ne fait pas semblant de connaitre. Ce qui fait une partie du sel de ce roman, dans lequel on suit donc un groupe de punks (aux profils variés : punks drogués destroy, féministe anti-plein de choses, freegan, anarcho-maoiste et punks à chien forment la fine équipe d’un squat, une sorte de club des cinqs moderne donc) qui se trouvent parmi les rares survivants d’une apocalypse zombie, en plein Paris. Que faire face à une apocalypse zombie, quand on est une bande de punks : d’abord des conneries. Et de belles conneries, drôles et inattendues. Mais ce ne sera pas tout, puisque des visions d’anges tout aussi destroy et décalés qu’on pourrait imaginer, vont s’en méler. Puis les survivants du Medef. Et, je le redis, c’est vraiment drôle dans le n’importe quoi qui n’en est pas complètement. Avec une belle fin à la con. Une fin de punks, quoi. S’y ajoute le fait que Karim Berrouka écrit vraiment très bien. Dans un style assez parlé et plein de commentaires, mais j’ai vraiment beaucoup apprécié. Le fond autant que la forme donc. Si vous appréciez le n’importe quoi bien tourné et drôle, et que vous avez en plus au moins des petits bouts de culture punk ou assimilée, c’est vraiment une lecture qui vous fera passer une très bon moment.

 

030518_Desproges_PerrineIl y a eu, depuis sa mort, beaucoup de manières de retrouver Desproges, et rares ont été celles qui ont été satisfaisantes. Je pense en particulier aux livres d’hommage regroupant des textes et commentaires de personnes n’ayant finalement pas grand chose à dire de plus que “Je le connais bien, je lui ai touché la main” ; ou, pire, aux multiples reprises de ses textes mal jouées et mal dites par des acteurs et actrices variées. Ici, fort heureusement, il s’agit de tout autre chose, puisque c’est sa fille qui est à l’écriture et à la compilation, et qu’elle propose un portrait, en 300 et quelques pages, fin, riche et réussi. Un portrait à la fois professionnel, avec de nombreux textes, notes et autres éléments peu ou pas connus (enfin, il y a bien quelques classiques, mais ils sont à leur place) ; et personnel, avec des archives privées et des récits plus intimes (mais pas trop intimes non plus, on retrouve complètement la retenue et la distance qu’aurait pu avoir Desproges et c’est bien plaisant). Les illustrations et textes sont chouettes et variées. Et puis, surtout, les textes sont parfaits. C’est de l’orfèvrerie : des extraits d’interviews et de textes de Desproges tissés avec de petits rajouts pour leur donner une unité et une fluidité. Du coup, on a finalement plus l’impression de lire Desproges qu’un ouvrage le concernant. Et c’est du coup un pur plaisir que d’avoir aussi bien l’impression d’être en accord avec ce que Desproges aurait fait lui-même tout en en découvrant autant. De mon point de vue, c’est vraiment un sans faute. Et il y a de quoi s’occuper un bon moment, ce n’est pas un petit volume. Et c’est qui plus est assez dense. Donc, oui, si vous aimez Desproges, vous pouvez foncer sans la moindre hésitation.

030518_Enfants-de-Mars-et-de-Venus

De la même auteure qu’Autobiographie transsexuelle (avec des vampires), donc, avec les mêmes grands ingrédients, mais cette fois dans un format plus travaillé et visiblement plus abouti. De fait, il s’agit là d’un vrai roman, avec une intrigue construite et développée, et une progression comme une écriture plus maitrisées. Ce qui est une bonne chose, clairement, et en fait une bonne lecture, mais on y perds paradoxalement une petite aprtie du coté foutraque et joyeusement bordélique du précédent. Pas beaucoup, hein, on continue dans le contemporain matiné de fantastique, avec lesbienne butch en moto, transsexuelle et bastonage de fafs et autres conservateurs masculinistes violents, pas d’inquiétude. Comme je le disais, il y a un vrai scénario à suspense, qui s’annonce frontalement dès le départ, et qui fonctionne franchement bien, puisque si je me suis bien douté qu’il y aurait un retournement, je n’avais pas identifié lequel. Ce qui est ceci étant lié au seul reproche en termes de rythme que je ferais : on prends le temps de découvrir les personnages et de poser le cadre, et au final, les découvertes vraiment rigolotes et efficaces sont beaucoup tassées à la fin. Ce qui fonctionne pour l’effet de surprise, mais j’aurais eu envie de plus de ce genre de choses dans la première partie (avec mention spéciale au couple parental de lesbiennes sorcières fantomes). Pour le reste, l’écriture est à nouveau tout à fait agréable et vivante, et un peu plus lissée, donc plus fluide. J’y ai trouvé tout à fait le même genre de plaisir et d’intérêt que le précédent, avec plus de roman au sens traditionnel, et plus de structure. Avec ça, vous pouvez lire les deux ou choisir le style qui vous accroche le plus.

 

030518_World_PooAttention, je vais vous dire du bof sur un livre de Terry Pratchett, c’est pas tous les jours. The world of Poo est un livre pour enfants, d’abord cité comme livre fictif dans le roman Snuff, puis écrit effectivement par Pratchett. Le titre français est  : Le monde merveilleux du caca. Ce qui fait un beau thème et un beau titre pour un livre pour enfants. Mais, au final, ce que j’ai trouvé décevant, c’est qu’on ne parle pas assez de caca. En fait, on suit l’histoire d’un petit garçon venu en visite chez sa grand-mère à Ankh-Morpork, et qui se prends de passion pour le caca, se met à le collectionner et à faire un musée du caca. Ce qui est l’occasion de visiter plusieurs haut-lieux de la ville pour y collecter du caca. Certes, ça fait des clins d’oeil rigolos à des personnages auxquels je suis attaché, mais finalement de manière assez lointaine et assez plate. L’histoire globalement m’a semblée courte et assez peu prenante, pour autant qu’il y ait vraiment une histoire. S’y mèlent bien sur des anecdotes sur le caca, mais trop peu, alors qu’on en attendrait justement plus. Après, peut-être qu’en le lisant avec un petit enfant que le thème fait rigoler et qui suit du coup aussi l’histoire sans en demander forcément plus, ça fonctionne très bien. Je vous dirait ça dans quelques années, mais pour ce qui est de le lire moi tout seul, au final : plutôt bof.

030518_Fils_du_Feu

Je sors de la lecture de Fils du Feu avec une impression mitigée, mais ça en dit sans doute au moins autant sur moi et mes gouts que sur le livre en lui-même. Il s’agit d’un roman, très littéraire, au sens classique, ce n’est pas édité chez Grasset pour rien. C’est vraiment très bien écrit. En fait c’est très écrit tout court, avec un style très travaillé et très présent. Et, au final, sans doute trop pour moi. Parce que ça prends le pas sur ce qui est raconté en ce qui me concerne et ça en devient presque parasite. Accessoirement, c’est un très beau style, mais qui ne me provoque pas forcément d’émotion directement, et qui ne réussit pas forcément non plus à me faire ressentir de manière efficace les émotions des personnages. Alors qu’il y en a. Autant la première moitié concerne des souvenirs d’enfance sans forcément de direction narrative (mais c’est une belle description d’une enfance compliquée dans un milieu populaire, ce que j’ai pour le coup apprécié), autant la seconde est assez dense en événements et en événements plus ou moins traumatisants (décès, déni de grande envergure, etc). C’est même assez fort, sur ce qui arrive aux personnages. Mais là encore, d’une part l’écriture me tient un peu à distance, et d’autre part l’épure et donc la rapidité des enchainements ne m’aident pas à rentrer dans un vrai vécu narratif. Comme je le disais, c’est d’abord parce que c’est un format qui n’est pas tellement le mien, parce que c’est bien écrit et que ça aborde des thèmes forts et intéressants.

030518_Le-loup-en-slip

Si vous avez lu les vieux fourneaux (et si ce n’est pas le cas, vous serez excommunié-e-s, pour info), le titre doit vous dire quelque chose : il s’agit bien d’une histoire du théâtre du loup en slip, sous forme de livre pour enfants. De l’histoire du loup en slip, même, celle qui est visiblement à l’origine du nom. C’est un vrai livre pour enfants, avec des illustrations en pleine page et très peu de texte. Vraiment très peu de texte, d’ailleurs, ce qui ne rend que plus admirable ce qui réussit à être raconté. Les illustrations sont très chouettes, dans un style très différent des BDs, mais très colorées, et très pleines de détails amusants. Et l’histoire, ah, l’histoire. Je pense qu’elle fonctionne très bien pour des enfants, parce qu’elle est drôle, et surprenante et pleine de personnages inattendus et amusants. Et qu’elle est facile à suivre. Mais. Mais pour les adultes, c’est encore meilleur, parce que c’est aussi drôle, mais avec en plus une surprise et un vrai sens politique d’une efficacité remarquable. Donc, oui, c’est possible de faire aussi bien que les vieux fourneaux, et avec le même état d’esprit, mais en livre pour enfants. Autant dire que je vous le recommande très chaudement.