Le Best Of 2019

janvier 10, 2020

Dans la catégorie “l’autrice incontournable de mon année” : N.K. Jemisin

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2894

 

Dans la catégorie “un nouvel horizon universitaire s’ouvre à moi” : Les pédagogies critiques

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2814

 

Dans la catégorie “petite bible pour travailler les émotions” : Artmella

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2916

 

Dans la catégorie “saga géante qui tient ses promesses” : Oathbringer

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/3034

 

Dans la catégorie “série qui m’a tellement fait rire, avec des giraffes” : Miracle workers

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2870

 

Dans la catégorie “un bouquin parfait, une série parfaite et zou” : Good Omens

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2924

 

Dans la catégorie “un bouquin qui met des coups de pied au cul” : Radicalized

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2999

 

Dans la catégorie “le restaurant dans lequel on retourne toujours avec plaisir” : Samanemith

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2800

 

Dans la catégorie “jeu débile qui me fait toujours rire” : Saumon frétillant

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2835

 

Dans la catégorie “enfin des très bonnes pâtisseries sans gluten” : Chez Grégoire

https://wordpress.com/post/sebchro.wordpress.com/2984

 

Langage exclusif, la version courte et complète, à faire tourner 😉

http://www.slate.fr/story/185288/ecriture-inclusive-est-ce-vraiment-si-dur

 

Un petit coup de Bourdieu, ça fait jamais de mal 😀

https://pierrebourdieuunhommage.blogspot.com/2018/05/pierre-bourdieu-jai-dit-aux-gens-qui.html

 

Montessori, Alexis, Maria, la suite, mais sur France Inter (Gloire 😉

https://www.franceinter.fr/education/montessori-freinet-que-valent-les-pedagogies-alternatives-a-l-epreuve-de-l-evaluation-scientifique

 

J’ai raté l’expo mais le site web est plein de ressources chouettes sur les jeux antiques :

https://locusludi.ch/

 

Le carton rouge issu du PLJ continue à se diffuser, grace à Edith 😀

https://rcf.fr/actualite/carton-rouge-un-outil-ludique-contre-le-sexisme-lance-en-ardeche

 

Un très chouette projet grenoblois, à suivre si vous êtes dans le coin !

http://www.petit-bulletin.fr/grenoble/infos-article-66286-Le+Ciel+se+degage.html

 

Un bon site ressource de bibliographie féministe au sens très large 🙂

http://www.lesmissives.fr/

 

Des idées pour jouer tou-te seul dans sa tête, n’importe où :

https://wellcomecollection.org/articles/XeEGrREAACEAte8K

 

Et un site d’infos avec seulement des bonnes nouvelles !

https://www.thehappybroadcast.com/

 

Et la liste des caisses de grève, ça peut servir :

https://paris-luttes.info/ancrer-la-lutte-dans-la-duree-13089

 

100120_Bullshit jobs

Il y a quelques années, David Graeber a publié un article définissant les bullshit jobs, ces boulots dont les titulaires sont persuadés qu’ils ne servent à rien, qu’on pourrait les supprimer sans effet négatif sur la société, voire sans que personne ne s’en aperçoive. Il y esquissait un questionnement sur les causes justifiant ces boulots et sur ce que ça dit de notre société. L’article a eu un tel retentissement et à soulevé de telles questions (certains sondages, à grande échelle, estiment les bullshit jobs à 40 % des emplois) que Graeber a décidé de passer de l’esquisse au boulot de fond avec comme résultat ce bouquin. Et c’est une nouvelle fois tellement brillant… si il existe un fan club de David Graeber, je veux bien m’inscrire. De fait, à partir de cette observation traitée quasi nulle part, il déroule une analyse, des éclairages et des questionnements inattendus mais d’une finesse et d’une richesse rare. En bon anthropologue, il nous parle avec acuité de notre société, de ses valeurs et des recoins dissimulés de notre inconscient social et culturel collectif. Il questionne bien sur le travail, la hiérarchie mais aussi les valeurs et la valeur, les inégalités… Oui, c’est dense, c’est riche, avec des détours historiques, mais c’est toujours fluide et lisible et ancré dans le réel. Et on à l’impression de mieux comprendre des éléments importants sur lesquels on avait même pas toujours pensé à se questionner. Accessoirement, il propose même, avec prudence, un bout de piste de solution. Bref, David Graeber me fait une fois de plus du bien, intellectuellement comme politiquement, il continue à me faire évoluer. Ouaip, je suis clairement fan.

100120_Oubliees_numerique

Attention, je connais l’autrice (ça fait toujours classe) mais ce n’est pas pour ça que je vais dire du bien de ce livre. C’est parce qu’il est bien, et même plusieurs fois bien. En fait, j’en garde l’impression qu’Isabelle réussit plusieurs livres en un : de la vulgarisation sociologique féministe (avec de vraies pistes concrètes d’action), une histoire critique du numérique et un bouquin pour geek. Et les trois aspects me parlent. Je suis forcément preneur de la partie vulgarisation parce que je n’en nourris pour le boulot. Et autant ce n’est pas là que je découvre le plus, autant je trouve précieux une version aussi claire et synthétique sur plein de sujet. J’ai également beaucoup apprécié la relecture historique et le rappel de la place des femmes, ce qui rejoint mon attrait pour l’histoire populaire. Et, ici, ça donne une illustration exemplaire des mécanismes d’ajustement d’un système de domination. Parce que le numérique est assez unique de ce point de vue. Et enfin, j’ai été très fan des aspects les plus geek, de Mary Shelley au Golem de Prague. Et, oui, ils sont tout aussi pertinents et à propos que le reste et ils en font un bouquin tout sauf aride et surtout attractif pour de vrais geeks (et c’est tellement tant mieux). Et, oui, tout ça rentre en 200 pages, ce qui est vite lu, et c’est vraiment bien écrit, donc c’est encore plus agréable et donc rapide à lire. J’ajouterai que j’aime vraiment bien la construction et donc le cheminement proposé, qui suit une logique facile à suivre et qui passe par les objections qu’on entend le plus souvent de manière du coup très efficace (moi, je trouve qu’on sent les années d’expérience à répondre à des remarques plus ou moins à la con). Bref, si les thèmes de l’égalité et du numérique vous parlent un minimum, allez-y sans hésiter, et si vous êtes un peu geek : encore plus.

100120_Cheapass_BW

Cheapass Games, c’est vingt ans d’édition de jeux de société, à tout petits budgets, aux mécanismes malins (et parfois exceptionnels), aux thèmes absurdes et magnifiques. Cheapass Games, c’est l’éditeur le plus joyeusement punk. Cheapass Games, ça fait vingt ans que je suis fan, que je collectionne leurs dizaines de jeu. Et c’est fini. Plus ou moins, mais plutôt plus. Et pour marquer le coup, pour bien finir, James Ernest a réussi à éditer ce gros bouquin avec tout dedans. James Ernest, c’est un style et c’est une voix, et c’est un enthousiasme iconoclaste. Qu’on retrouve ici parfaitement parce que oui, il écrit bien. Aussi. Et si la plus grosse partie de ce pavé massif est constitué des règles d’une centaine de jeux (ce qui, au-delà de l’aspect mémoire, représente une sacrée mine d’idées (et le matériel complémentaire est largement disponible gratuitement sur le site de Cheapass), ce qui m’a moi passionné, et amusé, et ému, ce sont les textes de James Ernest. Il raconte bien sûr la genèse et les évolutions de chaque jeu, mais aussi l’histoire de sa petite entreprise et des partis pris qu’il y a défendu. Et son envie de faire à petite échelle, librement et avec humour font du bien. D’autant plus dans un milieu qui devient un vrai business. J’ajouterai qu’on trouve en plus là-dedans quelques idées vraiment drôles d’adaptations en grand format et de détournements. Et une hilarante synthèse de son passage chez Microsoft. Au total, c’est vraiment destiné à offrir un bel objet aux fans de longue date et ça fait parfaitement le boulot.

100120_Querelle

Eliane Viennot a vraiment du talent pour écrire de manière agréable et fluide, et réussir des petits bouquins très accessibles et très vulgarisés sur des questions pas si simples au final. Ici, elle rends compte de recherches en cours sur la querelle des femmes. Et c’est un sujet passionnant que ça m’a donné l’occasion de découvrir. Ce qui est le propos central du bouquin : la querelle des femmes est historiquement un sujet large et massif, mais qui a été et est toujours occulté et inconnu de la plupart des gens, même dans les milieux féministes. De quoi s’agit-il donc ? D’une controverse entre universitaires, auteurs, autrices et autres intellectuel-les (sans doute pas que, mais ce sont celles et ceux qui ont laissé des textes en majorité), pendant de nombreux siècles, sur la place des femmes dans la société et l’égalité entre femmes et hommes. Avec deux camps opposés et virulents. Depuis le XIIème siècle. Ce qui est bien plus ancien que ce qu’on considère comme les débuts du féminisme. Et qui a été complètement occulté, et décrit quand ça l’était, comme du second degré ou des échanges et opinions anecdotiques. Déjà, en soi, c’est une découverte et un ouverture importante, avec des recherches sérieuses en cours depuis pas si longtemps. Mais en plus de ça, ça permet à Eliane Viennot de proposer une thèse plus large sur le pourquoi de cette occultation et la manière dont cela fonde une partie de la culture sexiste jusqu’à aujourd’hui : la clergie a depuis très longtemps été à la manoeuvre du côté anti-féministe. Sauf qu’elle s’est rendue invisible, en général, et dans ce débat-là en particulier. Thèse que je trouve passionnante, surtout aussi bien exposée, et qui éclaire aussi des positions actuelles des milieux “intellectuels” issus de cette longue tradition. Et ça ré-inscrit l’histoire des luttes féministes dans une histoire bien plus longue et bien plus riche que ce qui est habituellement transmis. Comme ce n’est pas long et très agréable à lire, je le recommande vraiment, en particulier si vous avez déjà un peu bossé le sujet (voire beaucoup) et que vous voulez une nouvelle ouverture qu’on ne trouve pas ailleurs.

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Max Bird est un youtubeur que je ne connaissais pas du tout, et que je compte pas forcément aller découvrir en détail. Mais les cadeaux de Noël permettent des découvertes exotiques 😉 Max Bird est donc un youtubeur qui visiblement s’adresse aux jeunes et parlant le jeune (que je ne parle pas couramment, mais on reste dans du facile) et qui essaie de leur transmettre un goût pour certains contenus plus ou moins intellectuels. Ici, donc, les mythes et légendes. Enfin, certains mythes et légendes. Parce que malgré la taille du livre, c’est écrit gros et très espacé et du coup on en case pas tant que ça. Et en conséquence, c’est une sélection et une sélection assez déséquilibrée. Soit : beaucoup de mythes grecs, un peu d’égyptien et puis des bribes très rapides de mythes amérindiens, japonais, hindous et celtes. Mais vraiment vite vite pour ces derniers. Ce qui fait que ça fasse une bonne découverte / révision mais de manière survolée et sans aller dans des choses inattendus ou peu connues. Bon, je réalise que je ne suis pas le public cible, hein 😉 Pour la forme, c’est sympa et rigolo à lire, avec un style parlé parsemé de petits commentaires amusants (bon, avec un humour djeuns et sans non plus d’inventions incroyables, plutôt “je raconte à mes potes en pointant les incohérences, les gros relous (notamment sur des comportements très sexistes, et fréquents) et les maladresses). Ce qui fait que ça se lit (très) vite et de manière légère. S’ajoute le fait que c’est pour le coup illustré de manière agréable et réussie. Au total, pour un public plutôt jeune, ou peu lecteur, c’est un point d’entrée sympa dans la mythologie.