Best Of 2020

janvier 8, 2021

Dans la catégorie « Si il y a un jeu à découvrir cette année, c’est celui-ci »

Opla !

Dans la catégorie « Je suis toujours émerveillé de son intelligence et je suis tellement triste qu’il soit mort »

Ce ne sera pourtant pas le dernier

Dans la catégorie « Des nécromantes lesbiennes dans l’espace, sérieusement ? »

Vivement le troisième…

Dans la catégorie « Série dont je reparle régulièrement pour en faire la pub » :

C’est mortel 😉

Dans la catégorie « Bouquin que je dis d’acheter à tou-tes mes stagiaires »

Outillage

Dans la catégorie « Des mésanges, de la politique, une réflexion profonde et un humour qui envoie »

Le monde d’après

Dans la catégorie « Oui, on peut encore m’enthousiasmer avec du Med-Fan » et « Mais putain, c’est quand qu’on aura la fin. »

Sérieusement, il est temps

Dans la catégorie « Aurait pu faire une saga politique fleuve en dix tomes, mais non, en trois, c’est possible et c’est bluffant »

Ian Mc Donald, toujours…

Dans la catégorie « J’aime Byzance, et là j’y étais, et avec poésie qui plus est »

On change juste les noms

Dans la catégorie « Fresque incroyable et narrateur inattendu »

Avec plein d’engrenages

Dans la catégorie « Je ne suis pas un manuel sur la sexualité et le féminisme, mais je le fais mieux que tous ceux qui en sont »

Et en plus, c’est drole

Dans la catégorie « Mon joujou que j’utilise tous les jours et que j’aime d’amour »

Elle est pas bien, elle est mieux

Un superbe résumé de nos réactions aux mesures anti-covid :

https://m.xkcd.com/2395/

Anne Sylvestre est morte, c’était une très grande :

https://www.acrimed.org/Hommage-a-Anne-Sylvestre

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/12/01/anne-sylvestre-autrice-de-chansons-pour-enfants-et-artiste-feministe-est-morte_6061785_3246.html

https://www.francetvinfo.fr/culture/musique/chanson-francaise/frangines-les-gens-qui-doutent-une-sorciere-comme-les-autres-hommage-a-anne-sylvestre-en-six-chansons-engagees_4202683.html

https://www.telerama.fr/musique/mort-danne-sylvestre-les-gens-qui-doutentjuste-une-femme…-ses-dix-plus-grandes-chansons-6757203.php

Injonction au mères, féminisme, rébellion : un festival et une démarche qui méritent largement la lecture de cette interview !

Bell hooks croisée avec Sauvé par le gong (Saved by the bell) : j’adore 😀

https://www.instagram.com/savedbythebellhooks/

Au coeur de mes enjeux professionnels du moment : le débat

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/11/27/une-ecole-qui-ne-forme-plus-au-debat-mais-a-la-sage-ecoute-et-qui-ne-forme-plus-des-citoyens-eclaires-mais-de-dociles-executants_6061298_3232.html

Une intéressante réflexion sur le terme judéo-chrétien :

https://theconversation.com/the-term-judeo-christian-has-been-misused-for-political-ends-a-new-abrahamic-identity-offers-an-alternative-125523

Quand même les jeunes héritier-es trouvent qu’il faudrait les taxer plus, c’est un signe, non ?

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/12/17/au-canada-de-jeunes-riches-heritiers-veulent-etre-taxes-plus_6063684_4500055.html

Dérives des écoles Steiner : attention, ça fait flipper…

http://www.slate.fr/story/198667/violences-abus-racisme-enfants-ecoles-steiner-waldorf-pedagogie-alternative-anthroposophie

Malgré tout, l’école a des leçons à donner au capitalisme uberisé en termes d’évaluation…

https://theconversation.com/noter-son-livreur-de-pizza-ou-son-chauffeur-de-taxi-pour-une-fois-lecole-serait-elle-la-voie-de-la-raison-152595

Calendrier de l’avent féministe, utile même après les fêtes 😛

http://www.slate.fr/story/197684/un-jour-un-podcast-edition-noel-calendrier-de-lavent-feministes-meres-en-filles-militantisme-transmission

A lire et relire pour les fans de cthulhu :

Woah, trop belle découverte archéologique !

https://www.livescience.com/ice-age-rock-art-amazon.html

Pour celles et ceux qui installent des PCs, des fois : trop pratique.

https://ninite.com/

J’ai connu des costumes de GN plus convaincants 😁

Résilience alimentaire des territoires : un outil très intéressant.

https://crater.resiliencealimentaire.org/

L’image de camion la plus folle que j’ai vu :

Une machine à aligner les clous :

Et une machine complètement folle :

Comment faire une grosse boule en acier bien ronde ? Indice : blam !

Ça faisait un moment que j’avais envie de me plonger dans la question des communs et j’ai décidé de commencer par le grand bain. Parce que c’ était un bouquin recommandé en termes de profondeur et de recul. Et, oui, c’est bien le cas : c’est très réfléchi, dense, documenté et politique. Autant vous dire que ça ne se lit pas vite tant ça demande de la concentration. Mais, pour autant que ça se lise par petits morceaux, j’ai trouvé que c’était systématiquement passionnant et qui plus est structuré et pensé d’une manière qui me convient très bien. C’est à dire en mêlant des exemples concrets (du monde entier, et tous sont motivants et remplissent d’optimisme sur ce qui est possible en termes de communs ambitieux, et ce dans tous les domaines d’activité), des analyses qui structurent en termes de concepts et une perspective politique forte en termes de transformation sociale. Le contenu est globalement divisé en trois parties : la première sur les fondamentaux de valeurs et d’ontologie sur lesquels les communs se basent (et c’est peut-être ce qui m’a le plus ouvert de voies de réflexion), la seconde sur les manières dont les communs fonctionnent (avec des principes incontournables et beaucoup de souplesse dans la manière de les faire vivre), et la troisième sur les perspectives de développement, notamment à grande échelle et dans le cadre d’une société capitaliste (avec bien sur l’objectif d’en sortir). Il y a donc à la fois de quoi comprendre de manière très approfondie de quoi il s’agit et ce que ça peut changer si on le pense de manière stratégique et politique. Ce qui en fait pour moi un excellent ouvrage dans lequel je reviendrais certainement piocher, et qui m’ouvre des perspectives très enthousiasmantes à de nombreux niveaux. Pour celles et ceux qui ont envie de changer le monde, ça fait du bien, en espérant une traduction un de ces jours.

Après Gideon the Ninth, que j’avais trouvé drôle et très original, la suite, que j’ai trouvée encore meilleure. Peut-être parce que je savais un peu plus à quoi m’attendre et que j’ai pris le temps d’en profiter mieux. Et il faut prendre un peu son temps parce que c’est dense. Dense à la fois en termes de scénario retors menant à de belles révélations (comme le précédent), mais dense aussi en termes de personnages complexes et de parcours psychologique (plutôt plus que le premier même si la barre était déjà assez haute). Autour de cette belle construction on découvre mieux un univers vraiment étonnant et plein de mystères et de questions, toujours sur une thématique de SF gothique dirigée par des nécromant-es surpuissant-es. Et pourtant terriblement humains. En particulier le premier d’entre eux, l’Empereur, que j’ai trouvé aussi touchant que drôle et dont la capacité à ne coller en rien avec ce qu’on en attendait est parfaite. C’est vraiment un livre dans lequel je me suis amusé, mais aussi dans lequel j’ai été complètement pris. Plus que dans le premier, notamment parce que l’histoire est vraiment construite sur les trois tomes et que là, on commence à être au milieu de tout. Et que ça me rend très impatient de voir ce que va donner le troisième, qui s’annonce riche et plein de surprises vu tout ce qui a été mis en place à la fin de celui-ci. Pour une autrice dont c’est la première série, c’est franchement impressionnant.

La collection N’autre école, chez Libertalia, est définitivement une mine d’or pour se faire une culture des pédagogies alternatives de manière agréable et accessible. Ce nouveau volume propose de découvrir la pédagogie institutionnelle par le regard et l’expérience d’un de ses praticiens. La pédagogie institutionnelle est une pédagogie descendant de la pédagogie Freinet et mettant l’accent sur l’autogestion de la classe, ce qui suppose notamment un changement de positionnement radical de l’enseignant-e. Elle utilise comme outil principal les institutions : conseil, temps d’expression libre et métiers par exemple (soit des fonctions et rôles assumés, et parfois conçus par les enfants). Ces institutions sont pensées comme des « pièges à désir », puisque la PI s’est construite avec des apports issus de la psychiatrie institutionnelle et une prise en compte de l’inconscient et des moteurs de désir dans l’apprentissage. Pour moi, ça a été une vraie découverte et, au-delà de l’intérêt que j’ai po-ur les courants de pédagogie alternative de manière intellectuelle, j’y ai vraiment trouvé des questionnements et des inspirations transposables à ma pratique : sur la fonction des institutions et ta manière de les penser bien sur, mais aussi sur le positionnement du sachant et la manière de s’appuyer sur des pairs, et sur la façon de prendre en compte les parcours et élans individuels. Ça donne vraiment envie de creuser certains aspects et le livre fournit d’ailleurs les ressources pour de manière très pratique. Le tout est écrit de manière très agréable et bien structuré, en incluant aussi des témoignages très touchants. Et il met en avant de manière très claire la dimension politique et la manière de l’articuler au contexte concret de l’Education Nationale. Curieux et curieuses, n’hésitez pas.

China Miéville fait systématiquement dans le brillant et le bizarre. C’est le cas pour ses romans (et les derniers sont encore plus expérimentaux et étranges que la moyenne des précédents, qui était déjà élevée) mais c’est sans commune mesure avec ce qu’il s’autorise à explorer ici sous la forme de nouvelles. Il y a vraiment de tout, mais rien qui soit attendu, ou même confortable. Autant les formes et les thématiques varient largement, autant on retrouve toujours cette étrangeté bancale insérée au cœur de repères plus ou moins quotidiens. On sent notamment l’influence de Lovecraft pour cette dimension pernicieuse et poisseuse d’un fantastique dont on ne comprendra jamais vraiment les causes ou la raison. (sans le coté xénophobe et paranoïaque de Lovecraft, tout au contraire, et tant mieux). Ce qui fait que Miéville écrit des nouvelles pour explorer des idées et des ambiances, pas pour construire des mécaniques huilées avec une chute ou une révélation à la fin. Ce qui parfois me manque ou me frustre, mais ça fonctionne très bien avec ce qu’il raconte ce qui fait que je m’y acclimate finalement bien. Et je crois que chaque nouvelle m’a provoqué un étonnement, ou un malaise ou une réflexion, bref une émotion spécifique : autant dire que c’est réussi. Et que ça ne se lit pas en enchainant les nouvelles rapidement et mécaniquement : il faut prendre le temps de digérer et d’en sortir avant de passer à la suivante. C’est un recueil que je conseille évidemment aux fans de Miéville, mais aussi à celles et ceux qui aiment l’étrange et qui veulent découvrir le style unique de cet auteur qui fait partie depuis des années de mes incontournables.

Au vu du titre, je n’aurais sans doute pas acheté cette petite BD, mais heureusement j’ai bénéficié de bons conseils (merci Alizée). De fait, ce n’est pas tant de burn out qu’on parle (même si on en parle) mais plutôt de management libéral avec une lecture politique et critique. En faisant le lien avec les évolutions du capitalisme donc, notamment depuis 68, et en considérant bien le management moderne comme son fer de lance idéologique. C’est un très bon boulot de vulgarisation qui met en lumière de manière claire et bien découpée les méthodes appliquées et leurs effets : individualisation de la gestion des salarié-es, prise en compte des affects, bouleversements permanents et déconstruction du statut de professionnelles pour gérer des humain-es mis en position d’éternel-les apprenti-es (et toujours plus ou moins en échec face à des objectifs plus ou moins inaccessibles), jusqu’aux évolutions récentes des happiness managers et méthodes de fidélisation issues de l’armée. Tous ces éléments, exposés clairement, donnent à comprendre le pourquoi du burn-ouf, et plus largement la manière dont le management moderne change le monde d’une manière dramatique (et est donc de mon point de vue un enjeu de bataille culturelle). En bref, sur le contenu, c’est très utile, et très compact, je le recommande. La forme BD fait que c ‘est accessible et séduisant, mais pas beaucoup plus : j’ai trouvé la narration et la construction sans beaucoup d’intérêt. Ce qui n’est pas grave vu l’intérêt de l’ensemble mais ça n’a pas vraiment d’attrait en tant que BD. Lisez-le donc comme un essai synthétique et efficace avec une forme très accessible, vous ne serez pas déçu-es.

Une fois par an, Canard PC, magazine d’ordinaire dédié au jeu vidéo, sort un numéro spécial jeux de plateau que je lis toujours avec plaisir. Avec plaisir d’abord parce que Canard Pc c’est un style de rédaction que j’aime bien : beaucoup d’humour et de petites blagues, des parenthèses et des références idiotes, et écrit d’une manière rodée et entraînante. Sur la forme, je lis ça en m’amusant, chouette. Et sur le fond, c’est d’abord une série de critiques et de présentations de jeux, classées par catégories, qui font honnêtement le boulot de tour d’horizon de l’année. Ce qui m’aide à me tenir à jour, notamment dans des catégories que je pratique peu. Ça ne serait que ça, ce serait sympa mais pas très notable. Heureusement, il y a aussi des articles de fond, et là j’ai beaucoup aimé : que ce soit sur les croisements films jeux, l’histoire du monopoly ou le très inattendu auteur des puzzles Eternity, on s’amuse mais on découvre vraiment des trucs inattendus et intéressants même pour quelqu’un de raisonnablement au fait dans le domaine. Donc oui, je continuerai à acheter les hors-séries de Canard PC.

Un petit livre cartonné pour petits enfants que j’ai offert à Olympe il y a plus de deux ans et qui s’est révélé être un vrai succès sur la longueur, bien au-delà de la blague d’un livre pour enfants avec Cthulhu. D’abord, les illustrations sont jolies et attirantes, ce qui a fait notamment que c’est le livre qu ‘Olympe essayait d’attraper pour apprendre à ramper, et ce qui fait plus largement qu’il est agréable à lire et à manipuler. Mais il raconte aussi une vraie histoire dans laquelle Cthulhu n’arrive pas à dormir parce qu’il a peur, avec Howard (Lovecraft) qui lui explique que tout le monde a peur parfois ( « Même moi  » , les fans apprécieront) et l’aide à la dépasser. Et c’est sans doute le meilleur bouquin accessible sur la peur qu’on ait trouvé. Et on l’a beaucoup beaucoup lu. Au point qu’il est arrivé à Olympe de me dire « Je suis Cthulhu » pour parler de ses cauchemars et de certaines peurs. Donc, oui, vous pouvez l’offrir pour la blague, mais je vous le conseille au-delà de ça, ça peut vraiment faire de l’usage.

Just One est une nouvelle variation, annoncée comme party game, sur le principe de se faire deviner un mot en donnant des indices. Avec une personne chargée de deviner et chacune des autres donnant un indice (en un mot). Sauf qu’on prépare fou-tes nos indices en secret et qu’on les compare avant de les montrer à la personne qui devine : si il y a des doublons, ils sont éliminés et ça fait moins d’indices (voire beaucoup moins) pour deviner. Il faut donc trouver des idées d’indice qui ne soit pas évidents mais qui permettent de deviner quand même. Il faut donc ruser un peu et jouer sur des références ou de la polysémie. C’est tout simple mais ça fonctionne très bien, avec un joli matos efficace. Par contre, c’ est plutôt un jeu cérébral et posé, ce qui fait que l’étiquette party game me semble un peu exagérée. C’est fluide et il y a un petit suspense quand on compare les indices mais ce n’est pas une ambiance festive. Un bon jeu donc, qui se bonifie en jouant avec des personnes qui se connaissent un peu, mais rien de très exceptionnel.